Cap sur la finance québécoise et le développement durable

La «Déclaration de la place financière québécoise pour une finance durable» établit les mesures concrètes auxquelles s’engageront certains acteurs financiers.
Photo: Getty Images/iStockphoto La «Déclaration de la place financière québécoise pour une finance durable» établit les mesures concrètes auxquelles s’engageront certains acteurs financiers.

Plus d’une vingtaine de grands acteurs financiers du Québec s’engagent à prendre des mesures concrètes pour augmenter l’offre en investissement responsable et aider Montréal à devenir le principal pôle du financement durable en Amérique du Nord.

L’engagement prendra la forme d’une « Déclaration de la place financière québécoise pour une finance durable » qui sera dévoilée lundi en lever de rideau d’un sommet virtuel de cinq jours portant sur le même sujet. Le Mouvement Desjardins s’y engage, par exemple, à former la majorité de ses 52 000 employés au développement durable d’ici la fin 2023. La Banque Nationale y promet d’avoir dirigé 5 milliards d’actifs vers des gestionnaires de fonds locaux pour « stimuler l’activité, l’innovation et le recrutement de talents en finance durable ». La Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ, l’Autorité des marchés financiers du Québec et une vingtaine d’autres acteurs institutionnels, banques, compagnies d’assurances, fonds d’investissement, firmes comptables et universités y annoncent qu’ils aideront, chacun à leur manière, mais de façon concrète, l’adoption des considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) au Québec.

On entend bien convaincre d’autres acteurs à se joindre à l’effort et l’on promet d’exercer un suivi annuel de tous ces engagements. En plus de répondre à l’urgence climatique et aux inégalités sociales, cette initiative en faveur d’une « transition verte, juste et responsable » renforcera la position du Québec comme pôle d’excellence en finance durable sur le continent américain, a fait valoir en entrevue au Devoir vendredi Jacques Deforges, le directeur général de Finance Montréal, la grappe financière du Québec.

Selon le classement du Global Green Finance Index qui sert de référence en la matière, Montréal occupe actuellement le 19e rang dans le monde à ce chapitre, mais le 3e en Amérique, derrière San Francisco (5e) et Los Angeles (10e) et confortablement devant Toronto (29e) ou New York (31e).

« On a tous les atouts pour réussir, dit Jacques Deforges. On a la plus grande coopérative en Amérique du Nord, avec Desjardins. On a un acteur institutionnel d’avant-garde dans le domaine, avec la Caisse de dépôt. On a des Fonds de travailleurs de pointe… Mais peut-être plus encore, on a la capacité, avec la grappe Finance Montréal, d’asseoir tout le monde autour de la table — même ceux qui sont concurrents — et de travailler ensemble sur des initiatives communes, comme celle-là. »

Montréal en campagne internationale

 

Ces atouts, pense-t-il, devraient aussi aider la candidature de Montréal dans son projet d’accueillir le futur siège social du nouvel organisme international de réglementation en finance durable. Condition essentielle pour arriver à mesurer et comparer les performances des entreprises en matière de développement durable, l’établissement de normes comptables internationales communes doit être confié à un nouvel organisme appelé l’International Sustainability Standards Board. Le lieu de résidence de l’ISSB et de sa centaine d’employés devrait être annoncé à l’occasion de la prochaine Conférence sur les changements climatiques à Glasgow (COP26) en novembre.

En attendant, le milieu montréalais tiendra son premier Sommet de la finance durable cette semaine auquel assisteront, virtuellement, 80 conférenciers et environ 1300 participants d’ici et d’ailleurs. Organisé par Finance Montréal en collaboration avec l’Initiative financière du Programme des Nations unies pour l’environnement, l’événement abordera des questions comme l’utilisation de l’intelligence artificielle pour des investissements durables, le financement de l’adaptation aux changements climatiques, la gestion du territoire basée sur les savoirs autochtones et la rencontre de la finance et de la biodiversité.

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