Les exportations agroalimentaires québécoises vers la Chine souffrent des aléas de la politique

L’industrie québécoise du soya a souffert des tensions politiques avec la Chine.
Illustration: Le Devoir L’industrie québécoise du soya a souffert des tensions politiques avec la Chine.

Les relations commerciales entre les exportateurs de porcs du Québec et la Chine n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille. On se rappellera que Pékin a suspendu ces échanges pendant cinq mois en 2019, un geste largement considéré comme politique dans le sillage de l’affaire Meng Wanzhou. Un coup dur pour ces entreprises qui n’ont pas pu compenser complètement ces pertes.

À la fin de cet embargo, la demande chinoise avait toutefois atteint des records, si bien que les exportations totales de 2019 ont dépassé celles de 2018. Elles ont presque triplé en 2020, la viande porcine congelée se classant ainsi au deuxième rang des produits québécois en Chine. « On suit de très près les relations commerciales entre le Canada et la Chine. On considère le marché chinois comme un marché très important », indique le porte-parole du transformateur de viande Olymel, Richard Vigneault.

L’industrie québécoise du soya a aussi souffert des tensions politiques avec l’Empire du Milieu. Quand le pays asiatique a interdit le canola canadien, aussi en 2019, les acheteurs chinois ont été hésitants à se procurer du soya canadien puisqu’ils craignaient que les règles du jeu changent, rapporte l’analyste principal des marchés pour les Producteurs de grains du Québec, Ramzy Yelda.

Résultat : les exportations de soya québécois vers la Chine sont passées de 341 millions de dollars en 2018 à 7 millions en 2019. En 2020, elles ont remonté à 80 millions de dollars. « On s’est retourné vers d’autres pays, mais si le premier acheteur mondial nous ferme la porte, ça nous affecte, notamment pour ce qui est des prix et de la rapidité des écoulements », analyse M. Yelda, précisant que le soya québécois est essentiellement destiné à l’exportation.

Malgré les aléas de ces relations, les entreprises agroalimentaires n’ont pas de volonté marquée de prendre leurs distances de la Chine, dont le bassin de consommateurs est énorme, constate Martin Lavoie, p.-d.g. du Groupe Export agroalimentaire Québec-Canada.



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