De l’espoir pour les relations commerciales Canada-Chine

Malgré l’incertitude qui demeure, la Chine et son milliard et demi d’habitants sont difficiles à ignorer pour bien des entrepreneurs canadiens.
Photo: Noel Celis Agence France-Presse Malgré l’incertitude qui demeure, la Chine et son milliard et demi d’habitants sont difficiles à ignorer pour bien des entrepreneurs canadiens.

Des dizaines d’entrepreneurs canadiens se sont réunis virtuellement mardi pour discuter des façons de renouer des liens d’affaires avec la Chine lors des prochaines années. Le Conseil d’affaires Canada-Chine (CACC), qui compte environ 300 membres, espère que la libération des deux Michael permettra de tourner la page sur trois années difficiles.

« Ça ouvre la porte à la reconstruction de bonnes relations. Mais ça va prendre du temps », estime la directrice générale du CACC, Sarah Kutulakos, en entrevue avec Le Devoir.

L’arrestation des deux ressortissants canadiens par les autorités chinoises avait donné un électrochoc à la communauté d’affaires canadienne dans l’empire du Milieu. Certains entrepreneurs avaient cessé de se rendre en Chine, alors que d’autres avaient déplacé leurs activités ailleurs ou annulé leurs plans dans ce pays. « Les gens se disaient : “Et si c’était moi ?” » rapporte Mme Kutulakos.

Le froid diplomatique avait aussi compliqué certains échanges économiques, dont les exportations de canola vers la Chine. « Pour certains secteurs, comme les services-conseils, ce fut particulièrement ardu. Si vous étiez avocat et que vous deviez aller en Chine pour développer des relations avec des clients potentiels, ce n’était pas facile », souligne celle qui parle couramment le mandarin.

[La libération des deux Michael] ouvre la porte à la reconstruction de bonnes relations. Mais ça va prendre du temps.

D’après Mme Kutulakos, des liens étroits se tisseront d’abord dans les secteurs où le Canada et la Chine ont des politiques convergentes. C’est d’ailleurs pour discuter de ces avenues prometteuses que le CACC a organisé la conférence de mardi. Le rapport intitulé Confidence and Complexity : What the 14th Five-Year Plan Means for Canadian Companies in China énonce cinq domaines où le Canada pourrait tirer son épingle du jeu d’ici cinq ans en s’alignant sur des priorités chinoises : les services financiers, l’agroalimentaire, les ressources naturelles, l’énergie et les technologies propres.

L’expertise canadienne pourrait être particulièrement mise à profit pour que la Chine réduise ses émissions de gaz à effet de serre. L’ambassadeur de la Chine au Canada, Cong Peiwu, a d’ailleurs encouragé les entrepreneurs canadiens à participer à l’économie verte chinoise, lors d’un discours prononcé devant les participants à l’événement. Pendant cette prise de parole, où il est resté silencieux sur la question des deux Michael, l’ambassadeur a aussi souligné que le marché chinois pourrait être intéressé par plusieurs produits d’ici.

Les consommateurs chinois accueillent encore favorablement les marques présentées comme étant canadiennes, remarque d’ailleurs Mme Kutulakos. Elle cite en exemple Tim Hortons et Lululemon, dont les affaires se portent bien en Chine. Malgré l’incertitude qui demeure, la Chine et son milliard et demi d’habitants sont difficiles à ignorer pour bien des entrepreneurs canadiens. L’empire du Milieu reste d’ailleurs le deuxième partenaire commercial du Canada à l’échelle de la planète.

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