En Alberta, un pipeline de réconciliation?

Suncor estime que «le partenariat devrait générer des revenus bruts d’environ 16 millions de dollars par année pour ses partenaires».
Photo: Jeff McIntosh La Presse canadienne Suncor estime que «le partenariat devrait générer des revenus bruts d’environ 16 millions de dollars par année pour ses partenaires».

Huit communautés autochtones de l’Alberta se sont associées à Suncor Énergie pour acheter des parts d’un pipeline, ont annoncé les partenaires le 16 septembre dernier. Une entente encensée comme un acte de réconciliation économique lors d’un forum organisé par le Conseil canadien pour l’entreprise autochtone (CCAB) mercredi.

Dans la région de Wood Buffalo, où se trouve Fort McMurray, ces trois communautés des Premières Nations et cinq communautés métisses sont entourées par les sables bitumineux et les infrastructures pétrolières ; elles préfèrent donc en bénéficier plutôt que de s’y opposer.

« Chaque Première Nation prend une décision stratégique pour elle-même. Une occasion comme celle-ci doit être perçue à travers les lunettes du développement économique et de la gérance environnementale », a souligné Jason Shulz, directeur exécutif des services-conseils stratégiques pour la Première Nation chipewyanne d’Athabasca, en marge de cet événement virtuel portant sur la relance économique autochtone.

Les huit communautés acquièrent donc, avec Suncor, 15 % du pipeline Northern Courier, qui relie sur 90 km la mine de sables bitumineux de Fort Hills et le terminal de Suncor situé au nord de Fort McMurray. Ils s’assurent ainsi de redevances pour au moins 25 ans. Suncor estime que « le partenariat devrait générer des revenus bruts d’environ 16 millions de dollars par année pour ses partenaires ».

Avec ces revenus, la Première Nation chipewyanne d’Athabasca compte notamment investir dans des projets culturels, communautaires et de protection de l’environnement, indique M. Shulz.

Ce dernier souligne que la communauté, très éloignée et nordique, ressent fortement les effets des changements climatiques. « Nous surveillons l’évolution de l’eau, de l’air, de la glace, de la faune. Nous soutenons une taxe carbone, rapporte-t-il. Nous adoptons une vision équilibrée, car les industries à forte intensité carbone remplissent un besoin, mais nous voulons adopter de nouvelles technologies et des sources d’énergie plus renouvelable et efficace. »

Les communautés autochtones estiment par ailleurs qu’elles n’auraient pas pu en arriver à une telle entente sans Suncor. C’est l’entreprise pétrolière, qui avait obtenu les droits d’acheter la participation entière de TC Energy en 2019, qui a réuni les communautés et lancé les négociations. Suncor fera fonctionner le pipeline et obtiendra moins de 1 % des parts.

Le président de Suncor, Mark Little, était d’ailleurs l’invité d’honneur du CCAB mercredi. Il a affirmé que l’avenir serait fait de partenariats avec des communautés autochtones et qu’une des priorités de l’entreprise était d’embaucher plus de membres des Premiers Peuples.

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