La Bourse de Montréal fait de l’oeil aux investisseurs asiatiques

Environ 3000 contrats se sont négociés pour cette première journée «durant les heures asiatiques», précise Luc Fortin, président et chef de la direction de la Bourse de Montréal.
Photo: Marc Braibant Agence France-Presse Environ 3000 contrats se sont négociés pour cette première journée «durant les heures asiatiques», précise Luc Fortin, président et chef de la direction de la Bourse de Montréal.

La Bourse de Montréal veut faire connaître davantage ses produits dérivés à l’étranger. Depuis lundi, elle est maintenant ouverte presque toute la journée afin de bonifier sa présence auprès des investisseurs asiatiques.

La séance de lundi a donc commencé à 20 h dimanche, soit à 9 h le lundi matin heure de Tokyo au Japon, pour se terminer à 16 h 30 lundi, heure de Montréal. Environ 3000 contrats se sont négociés pour cette première journée « durant les heures asiatiques », précise Luc Fortin, président et chef de la direction de la Bourse de Montréal.

« On était la seule plateforme des pays dérivés des pays du G7 qui n’avait pas des heures d’ouverture de plus de 20 heures, dit M. Fortin en entrevue. On était à part du groupe. Malgré ça, on a été capable de développer notre marché, mais pas à son plein potentiel. »

L’annonce s’inscrit dans l’offensive que mène le Groupe TMX, le propriétaire de la Bourse de Montréal et de la Bourse de Toronto, afin de bonifier son offre à l’international. En 2018, la place financière montréalaise avait prolongé son horaire à l’heure locale de Londres. La prolongation à l’heure asiatique était la prochaine étape.

Cette première modification de l’horaire a retenu l’intérêt des clients internationaux. « Peu longtemps après, on s’est rendu compte qu’entre 6 % et 10 % de l’activité quotidienne moyenne était générée par ces heures européennes. Il y avait aussi une portion d’environ deux heures qui coïncidait avec les heures d’ouverture en Asie et on a vu un intérêt. »

M. Fortin espère qu’entre 15 % et 25 % de l’activité quotidienne moyenne soit générée par les heures prolongées.

Avoir une présence en Asie permettra aussi de faire la promotion des marchés financiers canadiens, réputés comme étant concentrés dans l’énergie et les matières premières. Or, les marchés canadiens se sont grandement transformés récemment. Le nombre de sociétés cotées en Bourse dans le secteur technologique dépasse désormais le secteur minier, a souligné M. Fortin, qui est aussi chef des activités mondiales de négociation pour le Groupe TMX. « On veut raconter cette histoire-là. »

L’internationalisation des activités est une bonne nouvelle pour la filiale du Groupe TMX, située au centre-ville de Montréal, croit M. Fortin. Il souligne que la prolongation des heures de négociation permettra de créer 12 nouveaux emplois, situés à Montréal. Le Groupe TMX embauche près de 270 personnes à Montréal.

Lorsque le Groupe TSX avait acquis la Bourse de Montréal, en 2008, des voix s’étaient élevées craignant une délocalisation de l’expertise vers Toronto. L’annonce d’aujourd’hui démontre que la Bourse de Montréal continue de se démarquer dans son domaine d’expertise, soit les produits dérivés, selon le dirigeant entré en poste en 2016. « On n’est pas le petit frère pauvre. On tient notre place à la table. »

Parmi les produits développés à Montréal dernièrement, M. Fortin donne en exemple les options sur certains fonds négociés en Bourse (FNB) de cryptomonnaie, la création d’indices ESG et des contrats à terme sur les obligations gouvernementales de 30 ans.

« Les produits dérivés, c’est vraiment un joyau de croissance du Groupe TMX et ça l’a été pour plusieurs places boursières. On connaît une croissance fulgurante depuis presque 10 ans. »

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