L’État de New York choisit Hydro-Québec comme fournisseur d’électricité

À partir de 2025, Hydro fournira près de 10,4 térawattheures d’électricité à l’État de New York, ce qui représente la consommation électrique d’environ un million de foyers.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À partir de 2025, Hydro fournira près de 10,4 térawattheures d’électricité à l’État de New York, ce qui représente la consommation électrique d’environ un million de foyers.

L’État de New York vient d’accorder un contrat de 25 ans à Hydro-Québec, ce qui représente le plus important contrat d’exportation de la société d’État.

À partir de 2025, Hydro-Québec fournira près de 10,4 térawattheures (TWh) d’électricité à l’État de New York, ce qui représente la consommation électrique d’environ un million de foyers.

L’annonce a été faite lundi par la gouverneure Kathy Hochul durant la Climate Week de New York. « L’État de New York fait un pas audacieux vers la décarbonation », a réagi la p.-d.g. d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, dans un communiqué.

Hydro-Québec n’a pas dévoilé les revenus potentiels que lui permettrait d’obtenir ce contrat, mais il pourrait représenter des dizaines de milliards de dollars. Sur Twitter, le premier ministre François Legault a parlé d’une « entente de principe de plus de 20 milliards de dollars sur 25 ans ». « C’est une immense nouvelle pour l’environnement. De l’énergie fossile sera remplacée par de l’énergie renouvelable », a réagi le premier ministre.

Il s’agit du plus gros contrat d’exportation de l’histoire d’Hydro-Québec. Le Massachusetts a déjà signé une entente de 20 ans pour 9,45 TWh.

Le contrat est « gagnant-gagnant » pour le Québec et New York, a affirmé en entrevue Lynn St-Laurent, porte-parole d’Hydro-Québec. Non seulement il procure une nouvelle source de revenus à la société d’État, mais il permet à l’État de New York de réduire ses gaz à effet de serre. « C’est un gain climatique énorme, ajoute-t-elle. Les gaz à effet de serre ne connaissent pas de frontières ; ce qui est bon pour nos voisins l’est aussi pour les Québécois. »

Les énergies fossiles représentent près de 85 % des approvisionnements en électricité dans la région. L’État veut que les énergies renouvelables représentent 70 % de sa consommation d’énergie d’ici 2030.

Le projet d’Hydro-Québec permet d’éviter l’émission de 3,9 millions de tonnes métriques de gaz à effet de serre. « C’est comme si on retirait 44 % des véhicules qui circulent à New York », illustre Mme St-Laurent.

C’est une excellente nouvelle pour l’environnement, croit Benoit Charrette, le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. « Le Québec assume pleinement son leadership dans la lutte contre les changements climatiques. Nous concrétisons graduellement notre souhait de devenir la batterie du nord-est des États-Unis. »

La nouvelle a également été bien accueillie par les représentants du milieu des affaires. « Je ressens une grande fierté, a commenté Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Notre énergie propre aidera à réduire l’empreinte environnementale de la première métropole des États-Unis. La relance sera encore plus verte. »

Le projet

Le projet Champlain Hudson Power Express (CHPE) prévoit la construction d’une ligne de transport souterraine et sous-fluviale d’une longueur d’environ 545 km entre la frontière canado-américaine et la ville de New York.

C’est Transmission Developers, une entreprise du groupe Blackstone, qui assurera la construction du tracé américain. Hydro-Québec affirme avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires des autorités américaines.

Une portion de 60 km devra également être construite au Québec entre le poste Hertel, à La Prairie, en Montérégie, et la frontière américaine. La société d’État sera copropriétaire de cette portion avec le Conseil des Mohawks de Kahnawake.

Le processus réglementaire pour obtenir tous les permis de construction est en cours, a précisé Mme St-Laurent. « Il va se poursuivre l’an prochain. La construction va commencer par la suite, probablement au début de 2023. »

Suffisamment d’énergie

Le potentiel d’Hydro-Québec est suffisant pour honorer ce contrat tout en servant les besoins énergétiques des Québécois. En novembre dernier, la société a dit qu’elle devrait trouver d’autres sources d’énergie pour combler ses besoins à partir de 2027, selon la mise à jour de son plan d’approvisionnement. Le développement des serres, des centres de données et de la voiture électrique fait partie des facteurs contribuant aux changements des prévisions.

Au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, on estime que les besoins supplémentaires en énergie renouvelable seraient d’au moins 1400 mégawatts d’ici 2029.

« Il n’y a aucun doute qu’Hydro-Québec sera en mesure d’assurer l’approvisionnement en électricité des Québécois, même avec la signature du contrat et la mise en service de la ligne de transport, a affirmé Mme St-Laurent. Nous avons l’énergie nécessaire pour garantir le service d’alimentation d’électricité aux Québécois et respecter les exigences du contrat. »

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