L’Association canadienne de l’immeuble réduit sa prévision de ventes de maisons

Selon l’association, sa révision à la baisse s’explique par la chute plus rapide que prévu des ventes au printemps.
Photo: Getty Images Selon l’association, sa révision à la baisse s’explique par la chute plus rapide que prévu des ventes au printemps.

La faiblesse de l’offre de propriétés à vendre et la hausse des prix des maisons ont convaincu l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) de réviser à la baisse sa prévision pour les ventes de logements cette année.

L’association prévoit qu’environ 656 300 habitations changeront de mains en 2021, soit une augmentation de près de 19 % par rapport au niveau de 2020, mais une diminution de près de 4 % par rapport aux 682 900 transactions évoquées dans ses prévisions précédentes.

Selon l’association, la révision à la baisse de sa prévision sur les ventes — qui continue malgré tout de représenter un nombre record de transactions — s’explique par la chute plus rapide que prévu des ventes au printemps. Cependant, les niveaux d’immigration rebondissent, et les entreprises canadiennes touchées par la pandémie sont autorisées à rouvrir.

Bonne nouvelle

 

« Bonne nouvelle : l’urgence et la frénésie du début de 2021 ont commencé à se dissiper, et le marché s’est légèrement stabilisé, toutes proportions gardées », a écrit l’ACI dans un communiqué de presse détaillant ses prévisions. « À l’heure actuelle, la plupart des indicateurs du marché de l’habitation semblent vouloir se stabiliser quelque part à mi-chemin entre les niveaux enregistrés avant et pendant la pandémie. »

Comme les acheteurs de nombreux marchés en surchauffe ont évité de mettre leur maison en vente pendant l’été, les chambres immobilières et les agents misent sur une augmentation de l’offre cet automne, même s’ils ne s’attendent pas à un très grand soulagement en raison des prix élevés.

L’ACI calcule maintenant que le prix moyen national des maisons devrait atteindre 680 000 $ cette année, en hausse de 19,9 % par rapport à l’année dernière. Ses prévisions précédentes, publiées en juin, annonçaient un prix moyen de près de 678 000 $ pour 2021.

Les ventes de maisons au Canada devraient chuter de 12,1 % pour se chiffrer à environ 577 000 en 2022, estime l’ACI, tandis que les prix devraient augmenter de 5,6 % sur une base annuelle pour atteindre environ 718 000 $ l’année prochaine.

680 000$
C’est le prix moyen national que devraient atteindre les maisons cette année, en hausse de 19,9 % par rapport à l’an dernier.

Hausse du prix moyen en août

 

En marge de ses nouvelles prévisions, l’ACI dévoilait mercredi ses données sur le marché pour le mois d’août, qui ont montré un prix moyen de 680 815 $, en hausse par rapport à celui de 669 654 $ du mois de juillet.

Les ventes de maisons d’un mois à l’autre ont légèrement reculé de 0,5 % pour atteindre 48 379, en données désaisonnalisées, comparativement à 48 624 en juillet. Sur une base annuelle, les ventes de maisons se sont chiffrées le mois dernier à 50 876, en données non désaisonnalisées, en baisse de 14 % par rapport aux 59 172 transactions du mois d’août 2020.

Avant la pandémie

 

L’économiste Robert Kavcic, de BMO Marchés des capitaux, a souligné dans une note aux investisseurs que ces chiffres indiquaient que les ventes étaient maintenant en baisse de 28 % par rapport aux sommets atteints plus tôt dans l’année, mais qu’elles avaient grimpé d’environ 20 % par rapport à celles de 2019, soit avant la pandémie.

« En d’autres termes, les conditions extrêmes qui ont suscité beaucoup d’inquiétude dans les cercles politiques se sont amoindries, mais si ce n’était de cette explosion de folie, nous écririons toujours sur les niveaux d’activité record d’aujourd’hui », a-t-il écrit.

12,1%
C’est la chute prévue des ventes d’habitations au Canada, qui devraient se chiffrer à environ 577 000 $ en 2022, estime l’ACI.

L’ACI a souligné que les nouvelles inscriptions se dénombraient à 66 830 sur une base désaisonnalisée en août, en hausse de 1,2 % par rapport aux 66 026 nouvelles inscriptions de juillet. Sur une base non désaisonnalisée, elles ont chuté de plus de 22 % à 63 631 le mois dernier, contre 81 808 il y a un an.

M. Kavcic a interprété ces chiffres comme un signe que « des conditions difficiles subsistent dans la plus grande partie du pays, mais qu’une certaine variabilité commence à se manifester à nouveau ».

L’économiste a noté que 17 des 26 principaux marchés suivis par l’ACI avaient vu leurs ventes diminuer en août, bien que tous, sauf six, affichent une baisse par rapport aux niveaux de l’année dernière.

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