Un conteneur sur cinq quittant le Port de Montréal est vide

Le nombre de conteneurs vides quittant le Port de Montréal a doublé en un an à cause du manque criant de conteneurs en Asie. À l’heure actuelle, 20 % des conteneurs qui sont chargés sur les navires partant de la métropole n’ont rien à l’intérieur.

Car si les navires se pressent aux quais de Montréal pour décharger — le volume d’importation a augmenté de 36 % en un an, et le temps de traitement reste supérieur à la norme —, ils repartent vers l’Atlantique moins chargés qu’à la normale, a rappelé en entrevue Daniel Dagenais, vice-président aux opérations au Port de Montréal.

« À l’exportation, ce qu’on voit, c’est une évacuation massive de conteneurs vides, parce qu’il y a un débalancement à l’échelle planétaire », constate M. Dagenais.

En août, le nombre de conteneurs vides embarqués sur des navires qui mettent le cap vers l’Asie représentait 21 % des 148 315 conteneurs traités. En temps normal, la part des conteneurs vides ne dépasse pas la barre des 10 %. Leur nombre gravite autour de 15 000, alors qu’il dépasse actuellement 31 100.

La pression pour retourner les conteneurs en Asie est effectivement bien réelle, constate Sylvain Champoux, président de SECAM International, courtier en douane. Déjà, des entreprises préparent la logistique des importations des commandes prévues pour le printemps, voire l’été prochain.

Car la rareté de conteneurs en Asie est généralisée, indique-t-il. C’est elle, ainsi que les retards dans la chaîne d’approvisionnement, qui tirent les prix vers le haut. Pour une 21e séquence hebdomadaire de suite, le coût pour transporter les conteneurs a grimpé la semaine dernière, cette fois de 1 % à l’échelle mondiale, soit l’équivalent de près de 100 dollars américains. L’indice World Container — baromètre des prix des conteneurs à l’international — a bondi de 309 % en un an.

 
10%
C’est le pourcentage de conteneurs qui, par mois, quittent le port de Montréal vides en temps normal, soit environ 15 000.

Dans une analyse interne de SECAM transmise au Devoir, on constate que les principales compagnies de lignes maritimes — ONE, COSCO, Groupe CME, MSC ou Hapag-Lloyd — sont toutes en pénurie de conteneurs dans les principaux ports d’Asie, aussi bien pour des 40 pieds que pour des 20 pieds.

Pour financer le rapatriement de conteneurs, les compagnies maritimes ont mis en place ce qu’on appelle dans l’industrie une « empty equipment imbalance surcharge », une surtaxe liée au déséquilibre de matériel vide. Cette mesure consiste à ajouter des frais lors de l’importation, lorsque les conteneurs sont remplis, pour assurer les coûts associés au retour de l’équipement.

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