Bombardier dévoile le Challenger 3500

Le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, a présenté le nouveau Challenger 3500 mardi. Il s’agit d’une mise à jour de la cabine de Challenger 350, lancé en 2014. Ce nouvel appareil devrait être mis en service en 2022.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, a présenté le nouveau Challenger 3500 mardi. Il s’agit d’une mise à jour de la cabine de Challenger 350, lancé en 2014. Ce nouvel appareil devrait être mis en service en 2022.

Bombardier a lancé, mardi, une mise à jour de la cabine de son appareil Challenger 350, qui portera le nom de Challenger 3500. Le projet permettra de pérenniser les quelque 700 emplois liés à ce projet.

Le Challenger 3500 n’est pas un nouveau jet d’affaires à proprement parler, mais un Challenger 350 dont la cabine a été redessinée. Parmi les changements importants, on compte l’ajout du fauteuil « Nuage » conçu par Bombardier, que l’on trouve dans les Global 7500, ainsi qu’un système de commande vocal.

Éric Martel, président et chef de la direction de l’entreprise montréalaise, insiste pour dire qu’il s’agit d’une annonce importante. « Ça sécurise [les emplois] pour un bon bout de temps, commente-t-il lors d’une entrevue en marge de l’événement. Avec un nouveau programme, on s’assure un succès [qui va se refléter dans le] carnet de commandes. On est très fier. »

700
C’est le nombre d’emplois que le projet de création du Challenger 3500 a permis de créer chez Bombardier. Ces emplois seront pérennisés.

Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les employés, abonde Éric Rancourt, l’agent d’affaires du district 11 de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA). « C’est une bonne nouvelle, mais il va falloir que ça se traduise par des ventes, pis, après ça, on va pouvoir parler de rappel au travail. »

En mars 2020, la société avait procédé à 2500 mises à pied, dont 1500 au Québec. Bombardier affirme cependant qu’elle est présentement en mode recrutement. « On a plusieurs centaines de positions ouvertes, répond M. Martel. On a stabilisé la main-d’œuvre, c’était un objectif que je m’étais donné cette année. »

Un regard vers l’avenir

Bombardier a procédé à ce lancement lors d’un événement organisé dans ses installations à Dorval devant près de 250 personnes (doublement vaccinées et masquées) issues du milieu des affaires, du milieu aéronautique et du monde politique. Un événement qui tombe à point pour l’entreprise après des derniers temps plus difficiles en raison de la pandémie.

Beaucoup de gens se sont interrogés sur la pérennité de la société, concède Mehran Ebrahimi, professeur titulaire de l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il pense que l’annonce de Bombardier vient donner un espoir quant à l’avenir du secteur aéronautique à Montréal.

« Le dévoilement d’un produit de cette qualité montre que Bombardier est encore là, commente l’expert, qui est aussi directeur de l’Observatoire international de l’aéronautique et de l’aviation civile. Ça montre qu’il y a une force vive en matière d’innovation et en matière de création, qui est extraordinaire. »

L’appareil devrait entrer en service au cours de la deuxième moitié de l’année 2022. Il s’agit de la première mise à jour des appareils de la famille du Challenger 300 depuis le lancement du Challenger 350 en 2014.

M. Martel n’a pas voulu préciser le coût de l’investissement total. Il a mentionné que la société prévoit un budget d’investissement d’entre 200 et 250 millions de dollars américains par année et que la création du Challenger 3500 venait de cette enveloppe.

Tim James, de Valeurs mobilières TD, pense que le projet nécessitera « un investissement en capital limité ». « La transition du 350 au 3500 pourrait réduire les marges sur ce programme, mais nous ne croyons pas qu’elle aura un impact majeur sur les résultats. »

200 à 250 millions
C’est le budget en dollars américains que la société prévoit investir chaque année, le projet Challenger venant notamment de cette enveloppe. Le coût d’investissement total pour le projet n’a toutefois pas été dévoilé.

Le lancement de l’appareil est crucial pour l’entreprise, qui a recentré son attention sur les appareils Challenger et Global. La forte demande pour les avions d’affaires a permis à Bombardier de revoir à la hausse ses prévisions financières pour l’année lors du dévoilement de ses résultats du deuxième trimestre, au début du mois d’août.

« Il y a une tendance lourde présentement que les gens quittent les avions commerciaux pour des raisons de sécurité ou de non-disponibilité pour aller vers les avions d’affaires, explique M. Martel. Les ventes vont très bien, et on regarnit nos carnets de commandes. »

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