Hausse de prix, hausse des bénéfices pour les alumineries

Le prix de l’aluminium a atteint lundi 3000 dollars américains la tonne sur le marché des métaux de Londres, nouveau plus haut depuis 2008.
Photo: STR / Agence France-Presse Le prix de l’aluminium a atteint lundi 3000 dollars américains la tonne sur le marché des métaux de Londres, nouveau plus haut depuis 2008.

Le prix de l’aluminium, qui grimpe depuis plusieurs semaines, a atteint lundi 3000 dollars américains la tonne sur le marché des métaux de Londres, nouveau sommet depuis 2008. Le Québec, cinquième producteur d’aluminium au monde, bénéficie de cette situation, selon les acteurs de cette industrie.

« Il y a des problèmes d’approvisionnement partout », ce qui « qui fait grimper les prix de l’aluminium », a expliqué à l’AFP Daniel Briesemann, analyste chez Commerzbank, citant notamment les prix élevés de l’électricité en Chine qui forcent les fonderies à limiter leur production.

Le coup d’État en Guinée — deuxième producteur mondial de bauxite, un minerai essentiel à la fabrication de l’aluminium — est venu s’ajouter à de nombreux facteurs qui influencent le cours du métal, comme une grève dans une fonderie d’aluminium au Canada et l’incendie d’une raffinerie de bauxite en Jamaïque, a précisé l’analyste.

Le président de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard, ne se plaint pas de cette hausse des prix. Son organisme représente les trois entreprises possédant les neuf alumineries du pays, dont huit sont au Québec, soit Alcoa, Aluminerie Alouette et Rio Tinto. « Tout le monde fait le plein présentement, indique M. Simard. Ça fait vingt ans qu’on fait une traversée du désert en ce qui a trait aux prix. La moyenne des vingt dernières années était d’environ 1900 dollars américains [la tonne]. »

Selon lui, des dizaines d’usines à travers le monde ont dû fermer leurs portes entre 2014 et 2020, mais celles du Québec ont été épargnées. La hausse actuelle des profits vient les solidifier. « Ça ne peut qu’être bénéfique pour nos opérations et nos employés », dit M. Simard.

Le président de la grappe industrielle Alu Québec, qui regroupe environ 1500 entreprises et établissements liés à l’aluminium, estime que cette bouffée d’air frais pourrait permettre aux entreprises d’investir dans des projets d’amélioration des procédés de production et de transformation. « Il y a des chances qu’ils réinjectent ces fonds-là dans l’économie, ce qui peut être bon pour les fournisseurs d’équipements basés au Québec », souligne François Racine.

La facture aux consommateurs

Les fabricants, les acheteurs et les consommateurs, eux, sont toutefois perdants. « Si on parle de produits de consommation comme les canettes, il y a clairement une augmentation du coût des emballages pour les grands embouteilleurs. C’est clair que ces coûts vont être refilés aux consommateurs », indique M. Racine.

Il y a des chances qu’ils réinjectent ces fonds-là dans l’économie, ce qui peut être bon pour les fournisseurs d’équipements basés au Québec

 

La grande demande en aluminium et les perturbations dans les chaînes mondiales d’approvisionnement causent aussi d’importants retards pour les manufacturiers.

Le Québec produit annuellement environ 2,8 millions de tonnes d’aluminium, selon le ministère de l’Économie et de l’Innovation, ce qui génère environ 10 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects.

Avec l’Agence France-Presse

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