Le studio montréalais Ludia vendu pour 165 millions

Le studio Ludia est reconnu pour ses jeux vidéo inspirés de grandes marques, dont «Jurassic World».
Photo: Ludia Le studio Ludia est reconnu pour ses jeux vidéo inspirés de grandes marques, dont «Jurassic World».

Ludia, un éditeur de jeux vidéo montréalais reconnu pour ses nombreux jeux vidéo inspirés de grandes marques connues, dont Jurassic World et The Price Is Right, passe sous pavillon californien. L’entreprise dirigée depuis sa fondation en 2007 par Alexandre Thabet est acquise pour la somme de 165 millions de dollars américains (210 millions $CA) par l’éditeur californien de jeux mobiles Jam City.

Ludia vient ainsi grossir les rangs d’un studio de jeux vidéo qui est en pleine expansion. Jam City a récemment mis la main sur des éditeurs établis à Los Angeles, à San Francisco, à Toronto et à Berlin. L’important catalogue de titres passés et à venir de Ludia est sans conteste ce qui a séduit l’acquéreur. L’éditeur montréalais, dont le principal actionnaire était depuis 2010 la société britannique Fremantle, s’apprête à mettre en marché de nouveaux jeux inspirés de films à succès des géants américains du divertissement DC et Disney.

« Cela faisait plusieurs années qu’on cherchait un nouveau partenaire plus axé sur le numérique, explique en entrevue au Devoir Alexandre Thabet. Notre association avec Fremantle avait du sens en 2010, mais depuis, nous nous sommes beaucoup diversifiés et nous avons signé des ententes avec d’autres grands producteurs, notamment des studios hollywoodiens, si bien qu’aujourd’hui, la part des revenus générés par les produits de Fremantle dans notre catalogue est inférieure à 5 %. »

Cette transaction permettra à Ludia d’avoir accès à un bassin d’utilisateurs potentiels cinq fois plus grand que celui qu’il avait développé ces dernières années. Un détail important pour l’éditeur montréalais, qui prévoit de commercialiser au cours des trois prochaines années quatre nouveaux jeux dont le potentiel commercial est le plus important de l’histoire de Ludia, assure M. Thabet.

Le grand patron ajoute que, même s’il n’existe pas de plan d’investissement clair à court terme pour ajouter aux quelque 400 employés basés à Montréal, Jam City ne prévoit pas de réduire sa présence dans la métropole québécoise. « La transaction n’est absolument pas destructrice d’emplois. Au contraire, Ludia devient la plus grosse propriété de Jam City », dit M. Thabet.

Acquisitions en série

En plus de cette transaction, Jam City vient de terminer une ronde de financement qui lui a permis de récolter 350 millions de dollars américains, une somme qui lui permettra de procéder à d’autres acquisitions au cours des prochains mois.

Ludia devient la plus grosse propriété de Jam City

 

« Le dernier tour de table consolide notre stratégie d’acquisition d’excellentes entreprises à travers le monde et d’investissement massif dans nos studios actuels afin de créer des expériences de divertissement durables, qui rivalisent avec les superproductions hollywoodiennes », résume le p.-d.g. de Jam City, Chris DeWolfe.

Le catalogue de jeux vidéo de l’entreprise, dont le siège social est à Los Angeles, a généré depuis 2014 des revenus de plus de 3 milliards de dollars américains et a été téléchargé plus de 1,3 milliard de fois. Sa croissance annuelle depuis sa fondation a toujours été « dans les deux chiffres », assure son principal dirigeant.

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