Le tourisme d’affaires international se fera encore attendre

Aéroports de Montréal s’attend à une augmentation du nombre de vols en octobre seulement.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Aéroports de Montréal s’attend à une augmentation du nombre de vols en octobre seulement.

La réouverture des frontières aux visiteurs étrangers adéquatement vaccinés réjouit de nombreuses entreprises touristiques. Mais ses effets risquent peu de se faire sentir avant le printemps prochain.

L’été a été frugal pour de nombreux hôteliers montréalais, dont le Centre Sheraton. « Normalement, en août, on a de 80 % à 85 % d’occupation. Là, on a terminé à 30 % d’occupation. C’est une amélioration par rapport à 2020, mais c’est encore fragile », constate Bertil Fabre, directeur général de l’hôtel et président du conseil d’administration de l’Association des hôtels du Grand Montréal.

L’ouverture des frontières, mardi, arrive à l’aube de l’automne, au moment où le nombre de touristes d’agrément commence habituellement à décliner. À ce moment-là, le tourisme d’affaires, de congrès et de conférences prend la relève dans les hôtels du Québec. Un retour rapide de ces événements, annulés dans les 18 derniers mois, ne sera cependant pas possible.

« Ce n’est pas avant mai 2022 que je vois une reprise positive pour ce qui est des congrès et du marché d’affaires. Ce sont des événements qui se planifient et se réservent longtemps d’avance, pas pour le mois prochain. Il se peut qu’il y ait quelques demandes de petits groupes, mais ça va être minime », prévoit M. Fabre.

Au Palais des congrès de Montréal, on est toutefois optimiste. La directrice du marketing et des communications, Stéphanie Lepage, estime que l’ouverture des frontières assure la tenue d’événements internationaux d’envergure planifiés dès le printemps prochain. Elle mentionne notamment le Sommet mondial sur l’intelligence artificielle, qui doit réunir 1400 participants en mai, et la Conférence internationale sur le sida, à laquelle 14 000 personnes sont attendues.

« On sent qu’il va y avoir un engouement, on sent qu’il va y avoir une reprise des rencontres. En 2023, c’est une grosse année qui s’annonce pour Montréal. Toutefois, on verra avec l’actualité, car c’est difficile de confirmer que tout va se tenir ce printemps tel qu’affiché dans nos livres », commente Mme Lepage.

En attendant les grands congrès en présentiel, le Palais des congrès offre l’organisation d’activités en mode hybride : un événement restreint en personne combiné à une transmission internationale en direct. « Cette offre est là pour de bon », affirme Mme Lepage.

À court terme, le regroupement Tourisme d’affaires Québec s’inquiète plutôt pour le maintien d’événements locaux et nationaux. Selon le directeur général, Gilber Paquette, ses membres font face à des annulations en septembre, octobre et novembre en lien avec le passeport vaccinal.

« Le passeport vaccinal est requis pour les congrès et les conférences, ça, c’est clair. Mais pour des réunions d’affaires, de conseils d’administration, d’actionnaires, nous sommes dans l’incertitude. Comme les événements se planifient des semaines en amont, les gens ont le réflexe d’annuler », indique M. Paquette, qui dit attendre des réponses de la Santé publique à des dizaines de questions.

Pour ses propres événements, les Journées nationales du Tourisme d’affaires, en novembre, M. Paquette ne sait pas s’il doit ou s’il peut exiger le passeport vaccinal.

Une reprise graduelle des vols

 

De son côté, Aéroports de Montréal prévoit une légère hausse du nombre de passagers entre août et septembre, qui devrait passer de 36 % à 40 % du trafic de 2019 pour ces mêmes mois.s. Pour ce qui est du nombre de vols, l’administration aéroportuaire s’attend à une augmentation en octobre seulement. « L’ouverture des frontières canadiennes aux voyageurs internationaux entièrement vaccinés nous donne espoir en l’avenir », indique la directrice des relations avec les médias, Anne-Sophie Hamel.

Air Transat affiche aussi un certain optimisme et prévoit une augmentation de son offre en septembre et en octobre. « Nous confirmons que la demande se porte bien, et nous sentons clairement que l’envie de voyager est de retour. Cependant, en raison de l’incertitude qui entoure toujours les déplacements à l’étranger, les réservations s’effectuent davantage à la dernière minute qu’avant la pandémie », écrit la directrice médias sociaux et relations publiques de la compagnie aérienne, Debbie Cabana.

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