L’achat local a favorisé la survie d’un tiers des PME québécoises, selon un sondage

Les campagnes de sensibilisation à l’achat local doivent s’étaler dans le temps pour que les comportements changent, explique la professeure Julia Csergo. «Le temps que ça prend pour que le mot d’ordre soit vraiment intériorisé et pratiqué, ça peut mettre une génération.»
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les campagnes de sensibilisation à l’achat local doivent s’étaler dans le temps pour que les comportements changent, explique la professeure Julia Csergo. «Le temps que ça prend pour que le mot d’ordre soit vraiment intériorisé et pratiqué, ça peut mettre une génération.»

Près du tiers des PME québécoises affirment que l’engouement pour l’achat local leur a permis de survivre, révèle un sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) dévoilé mardi.

« Ces résultats sont très encourageants, commente François Vincent, vice-président Québec à la FCEI. On a beaucoup entendu parler d’achat local, mais on ne savait pas si les campagnes de sensibilisation avaient connu du succès. On a maintenant la confirmation tangible que nos actions en tant que citoyens peuvent faire une différence pour nos entreprises. »

Parmi les 691 dirigeants de PME québécoises sondés par la FCEI entre le 8 et le 31 juillet dernier, 29 % disent que l’augmentation des achats dans les commerces locaux « a favorisé [leur] survie » et 37 % estiment que les changements de comportement des consommateurs en faveur de l’achat local au cours des six derniers mois ont été « bénéfiques » pour eux.

 
37%
C’est la proportion des répondants qui ont affirmé que les changements de comportement des consommateurs en faveur de l’achat local au cours des six derniers mois ont été « bénéfiques » pour eux.

Pourtant, en juin dernier, un autre sondage réalisé pour le compte de la FCEI révélait que 59 % des Canadiens ont moins dépensé dans les PME depuis le début de la crise, privilégiant les grandes surfaces et les géants du commerce électronique.

« Prochaine étape »

Les mesures pour encourager l’achat local se sont faites plus visibles depuis le début de la pandémie, notamment avec le lancement du répertoire Le panier bleu en avril 2020.

Julia Csergo, professeure au Département d’études urbaines et touristiques de l’ESG UQAM et spécialiste en alimentation, soutient que la pandémie a contribué à exacerber la sensibilité de certains consommateurs à l’origine de la production et à l’achat local.

« Mais si certains consommateurs font plus attention à la provenance [des produits qu’ils achètent], ça ne veut pas dire qu’il y a un mouvement de masse », met-elle en garde.

Il faut poursuivre les campagnes d’achat local, mais on a également tout à gagner à ce que le gouvernement québécois en fasse plus

Même si les campagnes de sensibilisation peuvent être efficaces, elles doivent s’étaler dans le temps pour que les comportements changent, ajoute-t-elle. « Le temps que ça prend pour que le mot d’ordre soit vraiment intériorisé et pratiqué, ça peut mettre une génération. »

Pour sa part, M. Vincent soutient que la prochaine étape consiste à intégrer l’achat local dans les stratégies gouvernementales d’approvisionnement et dans les appels d’offres publics. « Il faut poursuivre les campagnes d’achat local, mais on a également tout à gagner à ce que le gouvernement québécois en fasse plus, et même intègre cela dans son plan de relance économique », estime-t-il.

Le sondage de la FCEI dévoilé mardi indique à ce sujet que 53 % des PME aimeraient que les ministères et les agences gouvernementales s’approvisionnent davantage auprès d’elles, afin de promouvoir l’achat local.

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