Olymel menace d’abolir 500 postes à l’usine en grève

Olymel représente 80% de la capacité d’abattage de porcs au Québec, selon l’Union des producteurs agricoles du Québec.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Olymel représente 80% de la capacité d’abattage de porcs au Québec, selon l’Union des producteurs agricoles du Québec.

Les négociations achoppent toujours entre Olymel et le Syndicat des travailleurs d’Olymel de Vallée-Jonction (CSN). L’employeur présente un ultimatum aux travailleurs et affirme que 500 postes seront abolis si une entente n’intervient pas d’ici dimanche soir.

L’entreprise n’avait pas le choix d’agir ainsi pour offrir une prévisibilité « nécessaire » aux producteurs et aux clients, affirme Paul Beauchamp, son premier vice-président, en entrevue. « On ne restera pas dans l’indécision pour quelque chose d’aussi important », dit-il.

Olymel est arrivé à cette conclusion, mardi matin, après que le médiateur Jean Poirier eut suspendu les rencontres devant l’impossibilité d’en arriver à une entente, raconte M. Beauchamp.

Le dirigeant attribue l’impasse à l’« intransigeance » des représentants syndicaux. Un porte-parole du syndicat n’était pas disponible pour une réaction immédiate.

La semaine dernière, les travailleurs avaient rejeté à 57 % l’entente de principe, conclue le 14 août, entre les représentants syndicaux et la direction. Les horaires proposés pour le quart de soir faisaient partie des points en litige.

166 080
En date de vendredi, c'est le nombre de porcs qui étaient en attente d’être abattus au Québec, selon le porte-parole d'Éleveurs de porcs du Québec, Frédéric Labelle

M. Beauchamp dit que l’employeur ne peut faire plus de concessions salariales que ce qui avait été fixé dans l’entente de principe. « Avant la grève, les employés gagnaient 21 % de plus que nos concurrents. Avec l’entente, on est rendu à 35 %. On ne peut pas aller plus loin. »

Éleveurs « abasourdis »

Chez les Éleveurs de porcs du Québec, on est « abasourdi » par la nouvelle et on demande aux partis de trouver une solution, selon une publication sur Twitter. « Nous en appelons à [leur] raison et à la responsabilité du gouvernement dans ce dossier », précise-t-on.

Un nombre record de 166 080 porcs étaient en attente d’être abattus au Québec, en date de vendredi dernier, ajoute son porte-parole Frédéric Labelle. L’association a déploré à plus d’une reprise l’impact du conflit sur les conditions de vie des porcs ainsi que sur les revenus des éleveurs.

Du côté du ministre du Travail, Jean Boulet, on compte attendre à mercredi avant de réagir. Le ministre avait nommé Jean Poirier à titre de médiateur spécial « afin de régler le conflit le plus rapidement possible », la semaine dernière. L’équipe d’Olymel dit avoir rencontré le médiateur spécial à trois reprises depuis le 19 août.

Olymel représente 80 % de la capacité d’abattage de porcs au Québec, selon l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA). La grève a débuté le 28 avril dernier. Les points en litige étaient alors les salaires, les horaires de travail et la durée de la convention collective. 

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