Un « électrochoc » de 885 millions pour accélérer l’électrification à Montréal

Avec la stratégie d'électrification des transports, 600 nouvelles bornes de recharges et 60 bornes rapides seront ajoutées dans les rues de la métropole.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

Avec la stratégie d'électrification des transports, 600 nouvelles bornes de recharges et 60 bornes rapides seront ajoutées dans les rues de la métropole.

Montréal investira 885 millions de dollars sur trois ans dans l’électrification des transports de la métropole. Avec cette stratégie, qu’elle qualifie d’« électrochoc », la mairesse Valérie Plante espère notamment « faciliter la vie » des propriétaires de voitures électriques.

« Quand on regarde les secteurs qui émettent le plus de gaz à effet de serre, c’est le transport qui est en haut de la liste, avec plus de 40 % des émissions. C’est le secteur auquel on doit s’attaquer pour atteindre nos cibles », a-t-elle expliqué, lundi, lors de l’annonce de sa Stratégie d’électrification des transports 2021-2023.

La mairesse veut atteindre une proportion de 47 % de véhicules électriques dans les rues de Montréal en 2030, un objectif qu’elle a qualifié d’« ambitieux ». « Pour ceux et celles qui possèdent une voiture électrique, on veut vous faciliter la vie », a-t-elle insisté.

De nouveaux stationnements réservés pour les véhicules électriques, appelés les « parcoverts », seront implantés au centre-ville, dans l’arrondissement de Ville-Marie. Les conducteurs auront accès à 66 cases tarifées réparties sur 34 sites, un nombre appelé à croître.

De plus, 600 nouvelles bornes de recharges et 60 bornes rapides seront ajoutées dans les rues de la métropole.

La stratégie de la métropole comprend 23 objectifs et est présentée comme une façon d’« accélérer la transition écologique de façon concrète et significative ».

 
47 %
C’est la proportion de véhicules électriques dans les rues de Montréal en 2030 que vise le plan de la Ville.

En ce qui a trait au transport collectif, Montréal prévoit notamment adapter les garages de la Société de transport de Montréal (STM) pour pouvoir accueillir une flotte de véhicules entièrement électriques. La STM prévoit acheter uniquement des autobus électriques à partir de 2025.

« Communication sans ambition »

Pour l’opposition, le plan présenté par l’administration Plante est un « coup d’épée dans l’eau » et se résume à « une campagne de communication sans ambition ». « De l’électrification des véhicules de la STM aux déploiements des BIXI, en passant par l’objectif des bornes électriques, l’annonce d’aujourd’hui n’est rien d’autre qu’un résumé de multiples promesses ayant toutes déjà été annoncées », affirme Francesco Miele, porte-parole en matière d’environnement pour Ensemble Montréal.

De son côté, le président du conseil d’administration de Trajectoire Québec, François Pepin, estime qu’il s’agit d’« une bonne nouvelle » d’offrir aux Montréalais plus de choix quand vient le temps de se déplacer. « Mais sur le volet du transport en commun, remplacer les autobus actuels par des autobus électriques, c’est bien, mais ce serait encore mieux s’il y avait plus d’autobus et plus de services de transport collectif », tempère-t-il.

Selon lui, le problème actuel à court terme est que l’Autorité régionale de transport métropolitain a comme volonté de diminuer les budgets des sociétés de transport à cause d’une baisse de l’achalandage.

Le directeur général de l’organisme Vivre en ville, Christian Savard, trouve quant à lui intéressant que la Ville ne se concentre pas uniquement sur les véhicules individuels. « Il y a un bel espace pour les véhicules partagés, qui vont prendre de plus en plus de place. La vraie mobilité de l’avenir va être électrique et partagée », estime-t-il.

Dans son plan d’action, Montréal prévoit faire passer le nombre de Bixis électriques de 1900 à 2100 d’ici 2023. La Ville veut de plus faire pression à l’aide de mesures incitatives pour qu’il y ait une augmentation du nombre de voitures électriques dans les parcs de service d’autopartage.

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