Le Canada inc. souhaite la fin du «court-termisme» électoral

Le p.-d.g. de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, propose aux partis fédéraux d’adopter un cocktail de mesures basé sur une simplification du code fiscal pour les entreprises et d’une gestion plus inclusive des infrastructures nationales.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le p.-d.g. de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, propose aux partis fédéraux d’adopter un cocktail de mesures basé sur une simplification du code fiscal pour les entreprises et d’une gestion plus inclusive des infrastructures nationales.

Il y a la pandémie. Il y aura les élections fédérales. Ensuite ? C’est la question que posent à chacun des partis politiques des associations représentant des entreprises de partout au pays, épuisées de naviguer d’un cycle électoral à l’autre faute d’une vision économique canadienne mieux définie à plus long terme.

« Ostensiblement absent de cette période électorale est un plan de relance économique fort, sérieux et durable, malgré le fait que l’économie est probablement le sujet en tête de liste dans l’esprit des Canadiens, si on se fie aux plus récents sondages », observait il y a quelques jours la Chambre de commerce du Canada.

L’organisme pancanadien déplore l’absence de gains significatifs en matière de productivité et de qualité de vie au Canada ces 25 dernières années. Il propose aux partis fédéraux d’adopter un cocktail de mesures basé sur une simplification du code fiscal pour les entreprises et d’une gestion plus inclusive des infrastructures nationales pour relancer l’activité économique à court terme.

Il souhaiterait par ailleurs que soit relevé le seuil de revenu minimal auquel les petites entreprises doivent s’enregistrer auprès du gouvernement pour percevoir les taxes fédérale et provinciale, une mesure qui stimulerait l’innovation, croit-il. Ottawa devrait également améliorer l’accès à l’investissement dans les infrastructures pour certaines régions, notamment celles plus au nord du pays.

À plus long terme, la Chambre, qui représente plus de 450 chambres de commerce locales présentes un peu partout au pays, revient sur deux leviers économiques qui ont été plusieurs fois cités ces derniers mois : le virage numérique et la décarbonisation. Favoriser l’exportation de biens à faible teneur en carbone et adopter des normes financières durables sont parmi les mesures qu’elle propose.

« Nos dirigeants politiques ne peuvent pas et ne devraient pas vouloir revenir là où le Canada en était avant la crise de COVID-19, alors que le pays était à la traîne de ses concurrents en termes d’investissement et de croissance », avertit le p.-d.g. de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty.

Commerce interprovincial

 

Le Conseil canadien des affaires, qui parle au nom des hauts dirigeants de plusieurs centaines de grandes et de moyennes entreprises canadiennes, fait écho aux souhaits de la Chambre de commerce. Goldy Hyder, son président, a adressé à la fin de la semaine dernière une lettre à chacun des partis politiques fédéraux les incitant à penser plus loin que le 20 septembre prochain.

Il énumère à peu près les mêmes solutions que son homologue de la Chambre de commerce : améliorer la fluidité des travailleurs, accélérer la transition vers une économie numérique et à faibles émissions de carbone et stimuler l’innovation en protégeant mieux la propriété intellectuelle.

Le Conseil canadien des affaires récupère une suggestion formulée plus tôt durant la pandémie de COVID-19 par des représentants du secteur financier, dont des économistes de la BMO Banque de Montréal : éliminer les barrières tarifaires qui limitent les échanges commerciaux entre les provinces. Selon les chercheurs de la BMO, faciliter le commerce de produits et de services en tout genre entre les provinces pourrait ajouter jusqu’à quatre points de pourcentage au PIB national.

« La pandémie a accéléré le changement partout dans le monde. D’autres pays prennent les moyens pour rendre leur économie plus attrayante pour l’investissement et la croissance. Le Canada a l’occasion de faire la même chose », écrit Goldy Hyder. À condition que les partis politiques voient au-delà du prochain cycle électoral.

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