Lion Électrique lutte contre le manque de matériel

L’approvisionnement est un enjeu crucial pour une entreprise en démarrage comme Lion Électrique, qui veut augmenter sa production de véhicules électriques à un rythme exponentiel.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’approvisionnement est un enjeu crucial pour une entreprise en démarrage comme Lion Électrique, qui veut augmenter sa production de véhicules électriques à un rythme exponentiel.

Au moment où Lion Électrique accélère sa cadence de production, le fabricant de camions et d’autobus électriques a décidé de se « surapprovisionner » afin de protéger ses activités contre la perturbation de la chaîne d’approvisionnement. « Le fait que nous avons emmagasiné plusieurs des intrants les plus importants nous a vraiment aidés, a commenté Marc Bédard, président et fondateur de Lion, dans le cadre d’une conférence avec les analystes, vendredi, visant à discuter des résultats du deuxième trimestre. Non seulement cela nous aide pour assurer les livraisons, mais aussi pour gérer nos coûts. Cela nous a protégés de la crise que nous vivons en ce moment. »

Le dirigeant a aussi vanté à plus d’une reprise la qualité des relations « à long terme » qu’elle entretenait avec ses plus importants fournisseurs. L’entreprise a déjà des ententes sur les futurs prix avec certains d’entre eux, affirme-t-il. « Ce n’est pas un enjeu qu’on prend à la légère [les perturbations de la chaîne d’approvisionnement], ça fait partie du travail que nous faisons quotidiennement depuis des années. »

L’approvisionnement est un enjeu crucial pour une entreprise en démarrage comme Lion, qui veut augmenter sa production à un rythme exponentiel. Au deuxième trimestre, la société de Saint-Jérôme a presque triplé ses livraisons, produisant 61 véhicules comparativement à 22 à la même période l’an dernier. Il s’agit de bons résultats, mais il faudra voir à quel rythme elle sera capable d’augmenter le nombre de véhicules livrés, commente Rupert Merer, de la Financière Banque Nationale. « Même si les résultats sont encourageants, nos prévisions tablent sur une très forte croissance avec 2015 véhicules livrés en 2022. Pour cette raison, nous aimerions donc voir d’autres bons résultats trimestriels dans la deuxième moitié de l’année. »

M. Bédard estime que la demande demeure forte pour ses véhicules électriques. Il a souligné les efforts déployés par les différents ordres de gouvernement en Amérique du Nord afin d’électrifier les véhicules.

Au Québec, le gouvernement Legault a annoncé à la fin avril une modification à un règlement afin d’octroyer une subvention pouvant aller jusqu’à 150 000 $ pour chaque autobus scolaire entièrement électrique acheté et assemblé au Québec.

L’objectif est de créer un incitatif pour atteindre sa cible d’électrification de 65 % des autobus scolaires du parc québécois d’ici 2030. « Il y a eu un moment où les sceptiques se demandaient si l’électrification des autobus scolaires aurait lieu, rappelle M. Bédard. On n’est définitivement plus rendu là. »

Des revenus meilleurs que prévu

L’augmentation du nombre de livraisons a permis à l’entreprise de générer des revenus supérieurs aux attentes, pour la période de trois mois close le 30 juin dernier, ajoute M. Merer.

Les revenus atteignent 16,7 millions de dollars américains, en hausse de 10,6 millions, comparativement à 6,1 millions il y a un an. Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient en moyenne des revenus de 15,5 millions, selon Refinitiv.

La perte nette de la société a toutefois augmenté à 178,5 millions, contre une perte nette de 1,3 million à la même période l’an dernier. L’entreprise attribue cette hausse à une tranche de 167,7 millions utilisés et destinés à la rémunération fondée sur des actions hors trésorerie.

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