La québécoise Boralex lorgne des contrats à New York

L’État de New York veut que les énergies renouvelables représentent 70% de sa consommation d’énergie d’ici 2030.
Photo: iStock L’État de New York veut que les énergies renouvelables représentent 70% de sa consommation d’énergie d’ici 2030.

La transition énergétique dans l’État de New York fait saliver Boralex, qui se prépare à présenter une soumission pour des projets de production d’énergie solaire. Les démarches d’Hydro-Québec sur un autre projet dans l’État américain pourraient également être indirectement bénéfiques à Boralex, croit son président et chef de la direction, Patrick Decostre.

Le producteur d’énergie renouvelable est rendu à « la dernière étape » avant le dépôt d’une soumission de projets solaires dans l’État américain. « Nous sommes d’ailleurs très fiers de l’important nombre de projets de qualité et de la puissance que nous sommes en mesure de proposer », a déclaré vendredi le dirigeant, en marge du dévoilement des résultats du deuxième trimestre.

La puissance de ces projets pourrait aller jusqu’à 840 mégawatts, a estimé l’analyste Sean Steuart, de Valeurs mobilières TD, dans une note. « Cela représente 34 % de la capacité totale de la compagnie. Nous supposons toutefois que toute cette capacité ne sera pas proposée lors de la prochaine soumission. » En conférence avec les analystes, M. Decostre n’a pas voulu préciser la puissance envisagée.

L’entreprise de Kingsey Falls, dont la majorité des activités proviennent du Canada et de la France, souhaite accroître son empreinte aux États-Unis. Au cours de son deuxième trimestre, elle a ajouté 529 mégawatts de puissance à la liste de 1110 mégawatts de projets qui sont en phase préliminaire.

Boralex n’est pas la seule société québécoise à avoir New York dans sa ligne de mire. L’État veut que les énergies renouvelables représentent 70 % de sa consommation d’énergie d’ici 2030. Hydro-Québec évalue d’ailleurs la possibilité de répondre à un appel de proposition lui permettant d’y acheminer de l’hydroélectricité.

M. Decostre aimerait bien voir la société d’État obtenir ce contrat. « Il pourrait y avoir un impact sur l’hydroélectricité disponible au Québec, ce qui est une bonne nouvelle pour le développement de projets par Boralex. Personnellement, je crois que ce serait une bonne nouvelle pour l’État de New York, pour le Québec et pour le Canada. »

L’équipe de Boralex est également prête à soumissionner aux appels d’offres qu’Hydro-Québec devrait lancer d’ici la fin de l’année en vue de produire l’équivalent de 780 mégawatts en énergie renouvelable. La compagnie longueilloise Innergex, qui publiait ses résultats plus tôt cette semaine, se prépare aussi à l’appel d’offres. M. Decostre n’a toutefois pas voulu donner de détails sur l’ampleur du projet. « Nous serons prêts quand cela viendra. »

Augmentation de la production

 

Boralex a augmenté sa production de 41 % au deuxième trimestre clos le 30 juin, mais a doublé sa perte nette par rapport à la même période l’an dernier. La perte nette attribuable aux actionnaires est passée de 6 millions à 13 millions. La direction a attribué cette perte à l’ajout d’amortissement et de charges financières liées aux acquisitions et aux mises en service. Les revenus, pour leur part, ont augmenté de 21 % à 147 millions au plus récent trimestre.

L’entreprise a augmenté sa production totale de 41 % à 1323 gigawattheures, une hausse attribuable aux récentes acquisitions dans le secteur éolien au Québec et le secteur solaire aux États-Unis, ainsi qu’à la mise en service de parcs éoliens français. Boralex veut doubler sa puissance d’ici 2025, selon son plan dévoilé en juin.

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