La «start-up» montréalaise Heyday vendue pour 60 millions

Selon une récente étude, plus de 4,2 milliards d’utilisateurs passent en moyenne plus de deux heures et vingt-cinq minutes par jour sur les réseaux sociaux et plateformes de messagerie.
Lee Jin-man Associated Press Selon une récente étude, plus de 4,2 milliards d’utilisateurs passent en moyenne plus de deux heures et vingt-cinq minutes par jour sur les réseaux sociaux et plateformes de messagerie.

La vancouvéroise Hootsuite, spécialisée dans les logiciels de gestion des réseaux sociaux, allonge 60 millions de dollars pour acquérir Heyday AI, une start-up montréalaise parmi les plus prometteuses en intelligence conversationnelle.

Hootsuite, qui compte plus de 18 millions d’usagers à travers le monde, dont 210 000 clients payants, confirmera l’acquisition de Heyday, mardi. La jeune pousse s’est fait connaître dans les dernières années pour le développement d’une plateforme conversationnelle (Chatbot) qui s’appuie sur l’intelligence artificielle.

Les algorithmes de la solution permettent d’automatiser les réponses aux questions et messages qu’envoient aux détaillants les consommateurs, que ce soit par courriel, Facebook Messenger, WhatsApp ou Google Business Messages. L’analyse des requêtes — et ce dans près de dix langues — permet aux détaillants d’ajuster l’offre à la demande des consommateurs.

Et c’est ce qui intéresse Hootsuite, explique au Devoir Richard Hungerford, vice-président du développement des affaires : « Heyday a développé une technologie très forte en intelligence artificielle et en automatisation. Leur équipe compte environ 80 employés qui ont de très bonnes compétences. »

Bien qu’acquise, Heyday restera montréalaise. « Notre but, c’est qu’elle devienne notre bureau montréalais et notre centre d’excellence en intelligence artificielle », dit-il.

Cofondateur et vice-président marketing de Heyday, Étienne Mérineau souligne la complémentarité des deux entreprises : « Hootsuite, c’est le leader mondial en gestion des réseaux sociaux, surtout dans les conversations publiques sur Facebook et Twitter par exemple. Nous, on est spécialisé dans la gestion des communications privées — dans le “un à un” — sur Facebook, Messenger et Instagram. »

Notre but, c’est qu’[Heyday] devienne notre bureau montréalais et notre centre d’excellence en intelligence artificielle

 

Cette complémentarité devrait avantager Hootsuite, l’utilisation des réseaux sociaux ayant augmenté considérablement depuis le début de la pandémie. Ceux-ci comptent maintenant plus de 4,2 milliards d’utilisateurs qui passent en moyenne plus de deux heures et vingt-cinq minutes par jour sur les réseaux sociaux et plateformes de messagerie, selon une récente étude de Hootsuite.

Richard Hungerford souligne que les consommateurs veulent, plus que jamais, échanger avec les marques et obtenir du service en temps réel. À ce sujet, une étude de Edison Research avance que 39 % des consommateurs sur les réseaux sociaux s’attendent maintenant à une réponse dans un délai maximal de 60 minutes. Le temps de réponse moyen des entreprises s’élève actuellement à cinq heures.

Aidée par la pandémie

Cette tendance de fond, accélérée par la pandémie, a propulsé Heyday à l’avant-scène dans les derniers mois. Les revenus de la Montréalaise ont doublé dans les 6 derniers mois de 2020, et plus de la moitié des quelque 100 clients d’importance de l’entreprise ont été acquis en un peu plus d’un an.

Elle compte parmi sa clientèle aussi bien des entreprises internationales — les françaises Lacoste, Décathlon et Danone, la danoise Bestsellers — que québécoises : Le Cirque du Soleil, Simons, Dynamite, Rudsak, Mobilia, JCPerreault.

Hootsuite est présente dans 175 pays, essentiellement en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. C’est une entreprise qui a plus de 300 employés en ventes et marketing seulement.

 

S’il s’agit d’une autre acquisition de start-up québécoise prometteuse par une entreprise installée à l’extérieur de la province, l’actuel p.-d.g. de Heyday, Steve Desjarlais, perçoit plutôt cette transaction comme un important jalon dans l’évolution de l’entreprise : « On peut prendre le plan de match qu’on avait pour les quatre prochaines années, et l’exécuter en deux ans. On va pouvoir utiliser leur équipe et leur puissance marketing pour s’imposer sur de nouveaux marchés. »

Pour Heyday, déjà présent dans une vingtaine de pays, c’est une fenêtre qui s’ouvre sur les marchés internationaux, renchérit Étienne Mérineau : « Hootsuite est présente dans 175 pays, essentiellement en Amérique, en Europe,au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. C’est une entreprise qui a plus de 300 employés en ventes et marketing seulement. »

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