Parmalat exige des dédommagements

Rome — Le groupe agroalimentaire italien Parmalat a déposé une plainte devant la justice américaine contre les sociétés d'expertise comptable et d'audit Deloitte and Touche et Grant Thornton auxquelles il réclame des dommages, indiquait hier un communiqué du groupe.

La plainte a été déposée par l'administrateur provisoire de Parmalat, Enrico Bondi, «contre les parties considérées comme ayant eu un rôle déterminant dans l'effondrement de Parmalat», précise le communiqué. La branche italienne de la firme d'audit Grant Thornton avait certifié les comptes de Parmalat jusqu'en 1999. Après cette date, le cabinet Deloitte and Touche lui a succédé comme réviseur principal tandis que Grant Thornton avait continué à contrôler les comptes de plusieurs filiales de Parmalat.

M. Bondi «a déposé aujourd'hui un acte [...] devant la "Circuit Court of Cook County" de l'État d'Illinois pour demander la condamnation à des dédommagements des ex-réviseurs des comptes externes de Parmalat, Grant Thornton International et Deloitte Touche Tohmatsu et de leurs filiales américaines et italiennes», indique le communiqué.

Le document ne précise pas le montant des dédommagements réclamés, mais des milieux proches de l'affaire estiment que le chiffre est proche des 10 milliards de dollars, comme celui réclamé à Citigroup.

Fin juillet, le groupe italien qui a frôlé la faillite en décembre 2003, avait déposé une plainte contre Citigroup, numéro un du secteur bancaire américain, accusé d'avoir contribué aux difficultés de l'ancien géant agroalimentaire italien. La demande de dédommagement était fixée, selon la presse italienne, dans une fourchette située entre 8 et 10 milliards de dollars.

Depuis, M. Bondi s'en est pris également à la banque suisse UBS, lui réclamant 290 millions d'euros, à l'allemande Deutsche Bank, à laquelle il demande 17 millions d'euros et il réclame des dommages et intérêts à Bank of America.

M. Bondi soupçonne de nombreux établissements financiers internationaux et italiens d'avoir été au courant des difficultés financières de l'ex-numéro un de l'agroalimentaire de la péninsule, mais de les avoir volontairement passées sous silence afin de récupérer leurs investissements.

Parmalat a été placé sous administration contrôlée en décembre à la suite de la découverte d'un trou de 14,27 milliards d'euros dans ses comptes.