Restauration: trouver des employés est de plus en plus difficile pour MTY

Les 80 marques du groupe alimentaire MTY, dont font partie Tiki-Ming et Thaï Express, ne devraient pas avoir à craindre de «vague» de fermetures d’établissements.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les 80 marques du groupe alimentaire MTY, dont font partie Tiki-Ming et Thaï Express, ne devraient pas avoir à craindre de «vague» de fermetures d’établissements.

Groupe d’alimentation MTY n’aura pas le choix d’augmenter les prix inscrits à son menu pour compenser l’augmentation des coûts de sa main-d’œuvre, prévient son p.-d.g., Éric Lefebvre.

Trouver des employés est de plus en plus difficile pour le franchiseur montréalais propriétaire de 80 marques, dont Sushi Shop, Thaï Express, Tiki-Ming et Valentine. L’entreprise et ses franchisés n’ont donc pas le choix d’augmenter les salaires pour attirer les travailleurs, a expliqué le dirigeant, vendredi, lors d’une conférence avec les analystes visant à discuter des résultats du deuxième trimestre. « C’est difficile de trouver de bons employés qui sont fiables », déplore-t-il.

MTY n’aura « pas le choix » d’augmenter les prix dans ce contexte, enchaîne-t-il. « Ce n’est pas comme si nous avions d’autres options. La possibilité pour nos franchisés d’absorber les coûts est non existante. Nous travaillons avec de faibles marges. C’est une industrie gérée à la cenne près. »

M. Lefebvre assure que MTY n’est pas un cas unique et que l’ensemble de l’industrie de la restauration devra faire de même, en raison de la pénurie de main-d’œuvre, mais aussi de l’augmentation du prix des denrées alimentaires.

En dépit de la pénurie de main-d’œuvre et des mesures sanitaires, l’entreprise montréalaise a agréablement surpris les investisseurs à son deuxième trimestre. L’amélioration des conditions économiques lui permet de rétablir son dividende, qu’elle avait suspendu l’année dernière lorsque la pandémie a forcé les restaurants à fermer.

La société a dévoilé un bénéfice par action de 0,93 $ pour la période de trois mois se terminant le 31 mai dernier. Ce gain se compare à une perte de 4,01 $ à la même période l’an dernier. La prévision moyenne des analystes se situait à 0,43 $, selon Refinitiv. Le dividende, pour sa part, sera versé à nouveau pour la première fois le mois prochain, pour un montant trimestriel de 18,5 cents. Les revenus, quant à eux, ont totalisé 135,9 millions de dollars, en hausse de 39 %. Les analystes anticipaient des ventes de 121 millions.

Les conditions sanitaires continuent de peser sur les activités de l’entreprise, qui déplore la perte de 38 000 jours d’activités au cours du trimestre, soit le nombre de jours de fermeture multiplié par le nombre d’établissements fermés. À la fin du trimestre, 359 emplacements étaient encore temporairement fermés en raison de la pandémie, dont 283 au Canada, 54 aux États-Unis et 22 à l’international. L’entreprise précise que 258 emplacements sont toujours temporairement fermés en date de vendredi.

MTY commence à voir la lumière au bout du tunnel, mais il reste encore « beaucoup de chemin à parcourir ». M. Lefebvre note que les activités sont encore loin d’avoir repris leur erre d’aller dans les aéroports, dans les foires alimentaires des centres commerciaux et près des campus universitaires. Même si le contexte demeure difficile, le dirigeant a assuré qu’il ne prévoyait pas une « vague » de fermetures d’établissements.

Financièrement, la société affirme être en bonne posture. Les flux de trésorerie provenant des activités d’exploitation ont augmenté de 54 % à 29,5 millions, par rapport à 19,2 millions. Ces liquidités ont permis à la société de rembourser 15,2 millions de dollars de dette, de renouveler son programme de rachat d’actions et d’envisager des acquisitions.

À un analyste qui l’interrogeait sur les occasions d’acquisitions, M. Lefebvre a répondu qu’il y avait moins d’entreprises sur le marché en ce moment, mais que leur nombre commençait à remonter. En attendant, la société augmente la taille de son encaisse et rembourse de la dette pour regarnir son trésor de guerre. « Croître par acquisition fait partie de notre ADN et nous allons éventuellement recommencer à acquérir des entreprises. »

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