Les «start-up» québécoises s’estiment en meilleure posture qu’avant la pandémie

Deux «start-up» sur trois (66,5%) soutenaient alors avoir subi des «impacts importants ou significatifs» dès janvier 2020, avant même que les autorités québécoises mettent en place des mesures sanitaires.
Photo: iStock Deux «start-up» sur trois (66,5%) soutenaient alors avoir subi des «impacts importants ou significatifs» dès janvier 2020, avant même que les autorités québécoises mettent en place des mesures sanitaires.

Après avoir craint le pire en début de pandémie, plus de la moitié des jeunes pousses québécoises estiment maintenant leur situation meilleure que ce qu’elle était avant la pandémie, selon les résultats de sondages que dévoilera mardi le Mouvement des accélérateurs d’innovation du Québec (MAIN).

Le MAIN a effectué un sondage éclair en juin auprès de start-up québécoises situées dans 16 régions de la province. Constat : 57 % des jeunes entreprises innovantes estiment maintenant être en meilleure posture qu’avant le début de la pandémie ; 20 % soutiennent que leur situation est inchangée, alors que 22 % déclarent être dans une moins bonne posture.

À quelques points de pourcentage près, les réponses sont similaires du côté des accélérateurs et des incubateurs, ces organismes qui soutiennent l’écosystème d’entreprises innovantes en facilitant leur financement, leur gestion et leur réseautage.

Or, force est de constater qu’au début de la crise sanitaire, les jeunes pousses craignaient le pire. La perception était au pessimisme, concède Louis-Félix Binette, directeur général du MAIN : « Comme toutes les entreprises, les start-up ne savaient pas ce qui allait se passer, comment les investisseurs et les gouvernements allaient réagir, ni ce qui allait se dérouler dans les semaines et les mois à venir. »

Le MAIN a sondé quelque 539 start-up dans les premières semaines de la pandémie, du 30 mars au 27 avril 2020. Deux start-up sur trois (66,5 %) soutenaient alors avoir subi des « impacts importants ou significatifs » dès janvier 2020, avant même que les autorités québécoises mettent en place des mesures sanitaires.

Le financement, pierre angulaire de leur fonctionnement, était au cœur de leurs préoccupations. La moitié d’entre elles affirmaient qu’elles ne seraient pas en mesure de « respecter certaines obligations financières dans les trois prochains mois ». Elles révisaient à la baisse leurs prévisions de croissance, réduisant de moitié le chiffre d’affaires pour 2020 comparativement aux anticipations précédant la pandémie.

Un important virage

Qu’est-ce qui explique ce revirement de perception ? Il y aurait tout d’abord les facteurs externes bénéfiques pour les jeunes pousses, estime Louis-Félix Binette : « Les start-up ont pu bénéficier des aides gouvernementales qui ont été mises en place. Et aussi, les investisseurs ont été au rendez-vous, plus qu’à la normale même. On a eu plus d’investissement qu’on pensait qu’il y aurait. »

Outre les facteurs externes, les caractéristiques propres aux start-up auront été salvatrices, selon lui : « Ce sont des entreprises qui peuvent s’adapter rapidement. Elles peuvent adapter leur technologie aux changements dans la demande et la clientèle par exemple… ce qui est plus difficile pour des entreprises comme les restaurants. »

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