Plus de travail à la pige en vue au Canada après la pandémie

Avec l’essor du travail à domicile, de nombreux employés ne se sentent plus liés à un seul lieu de travail. Certains ne veulent pas du tout retourner au bureau, tandis que d’autres exigent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, selon un sondage.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Avec l’essor du travail à domicile, de nombreux employés ne se sentent plus liés à un seul lieu de travail. Certains ne veulent pas du tout retourner au bureau, tandis que d’autres exigent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, selon un sondage.

Près de 70 % des employeurs canadiens prévoient d’embaucher plus de pigistes ou de travailleurs contractuels au cours des deux prochaines années à mesure que leurs entreprises sortiront de la pandémie de COVID-19, selon un nouveau sondage.

L’étude commandée par la société de ressources humaines Ceridian suggère que l’économie des petits boulots s’accélérera à mesure que les entreprises augmenteront leurs embauches après la pandémie. Plus de la moitié des cadres supérieurs interrogés en ligne ont déclaré qu’ils prévoyaient d’augmenter leurs effectifs au cours des 12 prochains mois à mesure que l’économie rouvrirait et 35 % ont déclaré qu’ils se tourneraient vers des travailleurs indépendants ou contractuels pour y parvenir.

Aussi 64 % des employeurs interrogés pensent que les pigistes ou les travailleurs temporaires remplaceront considérablement les travailleurs à temps plein au cours des cinq prochaines années.

Rapport de force

La pandémie a considérablement modifié le rapport de force entre les employeurs et les employés, a déclaré Steve Knox, le vice-président de l’acquisition de talents à l’échelle mondiale pour Ceridian. L’essor du travail à domicile signifie que de nombreux employés ne se sentent plus liés à un seul lieu de travail physique. Certains employés ne veulent pas du tout retourner au bureau, tandis que d’autres exigent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. « Nous nous attendons à une augmentation de l’attrition, vraiment dans toutes les organisations, a déclaré M. Knox. Nous commençons déjà à voir des employés se demander : “Est-ce que je fais le type de travail que je veux faire ?” Ils réévaluent leur vie. »

Le potentiel de pénurie de main-d’œuvre signifie que certains employeurs n’auront peut-être pas d’autre choix que de combler leurs besoins en personnel par des travailleurs temporaires, a déclaré M. Knox. Il a affirmé que dans certains cas, les employeurs essaient de conserver les employés qui semblent préférer les contrats temporaires alors que le lieu de travail évolue et se transforme à la suite de la pandémie de COVID-19.

« Nous observons des cas de “Je veux juste aller travailler pendant 10 mois, puis je veux prendre six mois de congé pour voyager”, a noté M. Knox. Les gens remettent vraiment en question cet engagement envers un employeur à long terme. »

Selon un rapport de mai de Paiements Canada, les travailleurs contractuels, y compris les chauffeurs de covoiturage, les rédacteurs indépendants, les graphistes et les entrepreneurs généraux, représentent désormais plus d’un adulte canadien sur dix. Plus d’une entreprise canadienne sur trois emploie des travailleurs de ce type, selon Paiements Canada.

Le sondage réalisé pour le compte de Ceridian a été réalisé par Hanover Research entre le 26 avril et le 17 mai et a questionné 2000 cadres supérieurs dans le monde, dont 491 au Canada. Selon les normes généralement acceptées de l’industrie des sondages, les sondages en ligne ne peuvent pas se voir attribuer une marge d’erreur, car ils ne constituent pas un échantillon aléatoire de la population.

À voir en vidéo