Air Canada «optimiste» par rapport à la reprise

Durant la crise sanitaire, Air Canada a mis à pied près de 20 000 employés, soit 60% de ses effectifs.
Photo: Daniel Slim Agence France-Presse Durant la crise sanitaire, Air Canada a mis à pied près de 20 000 employés, soit 60% de ses effectifs.

Après avoir traversé une crise sans précédent, Air Canada a bon espoir que les vents seront plus favorables dans les prochains mois.

Son p.-d.g., Michel Rousseau, s’est dit « extrêmement optimiste » par rapport à la reprise prévue dans l’industrie du transport aérien, lors de son assemblée annuelle tenue virtuellement mardi. « Il est évident que le temps de rebâtir est arrivé. Partout, nous voyons des signes de renouveau. Les cas de COVID-19 diminuent et la campagne de vaccination progresse au Canada. Nos consommateurs ont hâte de recommencer à voyager. »

L’industrie aérienne a été frappée de plein fouet par les mesures de restrictions sanitaires adoptées durant la pandémie. Le p.-d.g. a souligné que les revenus d’Air Canada ont décliné de 69,5 % en 2020, pour s’établir à 5,83 milliards. Le transporteur a enregistré une perte d’exploitation de 3,78 milliards, comparativement à un bénéfice de 1,65 milliard l’année précédente.

Durant la crise, la société a mis à pied près de 20 000 employés, soit 60 % de ses effectifs. Signe de la reprise, Michel Rousseau a souligné qu’Air Canada prévoit de rappeler 2600 travailleurs au cours des mois de juin et de juillet.

Outre la reprise du tourisme, le p.-d.g. a également souligné l’expansion des activités de la société dans le segment du transport par cargo pour compenser les pertes de revenus subies durant la pandémie. S’il reconnaît que le contexte rend tout bilan difficile, Michel Rousseau affirme que la refonte du programme Aéroplan a été bien reçue par les consommateurs.

Controverses

La pandémie a aussi été marquée par plusieurs controverses pour Air Canada. La frustration des clients impatients de se faire rembourser leurs billets non utilisés, l’abandon de la proposition d’acquisition de Transat et les critiques sur les primes versées aux dirigeants ont fait couler beaucoup d’encre.

Au début du mois, de hauts dirigeants d’Air Canada ont renoncé volontairement à leurs primes après la forte désapprobation qu’elles ont engendrée. Le dévoilement du programme de rémunération s’est fait quelques jours après que le gouvernement fédéral a annoncé un prêt de 5,9 milliards afin d’aider le transporteur à rembourser ses clients. La ministre des Finances, Chrystia Freeland, et le premier ministre, Justin Trudeau, ont tous deux exprimé leur mécontentement par rapport à ces primes.

Pendant l’assemblée, les actionnaires ont été appelés à se prononcer sur le programme de rémunération des hauts dirigeants au moyen d’un vote consultatif. La majorité des actionnaires ont appuyé la rémunération, mais on ne sait pas dans quelle proportion, selon une compilation préliminaire. Le résultat sera connu dans les prochains jours. L’an dernier, la rémunération avait obtenu un soutien de 94,8 % des actionnaires.

Malgré une année mouvementée, l’assemblée virtuelle s’est tenue sans que la direction fasse allusion aux dossiers qui ont soulevé la controverse. Aucune question d’actionnaires n’a été présentée au cours de l’assemblée virtuelle et le p.-d.g. ne s’est pas adressé aux médias.

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