Les travailleurs syndiqués d’Exceldor acceptent le projet de règlement

« Les termes de la nouvelle convention collective auront pour effet de redéfinir le marché de la volaille au Québec », a fait valoir la direction du transformateur de poulet.
Photo: Getty Images « Les termes de la nouvelle convention collective auront pour effet de redéfinir le marché de la volaille au Québec », a fait valoir la direction du transformateur de poulet.

Le conflit de travail chez Exceldor coopérative, à Saint-Anselme, prend fin après un mois de grève.

Les syndiqués de l’abattoir ont accepté samedi à 66 % le projet de règlement soumis par les médiateurs conciliateurs du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS), a annoncé le syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du Commerce (TUAC).

Les quelque 550 travailleurs d’Exceldor, dans Chaudière-Appalaches, auront une nouvelle convention collective d’une durée de six ans qui sera rétroactive au 1er août 2020. Le comité de négociations s’était prononcé en faveur des offres puisqu’elles contenaient l’essentiel des demandes syndicales.

« On est très heureux d’avoir pu poursuivre le processus de conciliation jusqu’à la toute fin plutôt que de s’être fait imposer une convention collective par un arbitre », a commenté Roxane Larouche, porte-parole pour les TUAC dans le dossier d’Exceldor, en entrevue à La Presse canadienne.

Les employés auront droit notamment à des augmentations salariales de 19,75 % répartis jusqu’en 2025. Une offre salariale en dessous de ce que souhaitait le syndicat.

« Mais c’est quand même une des conventions collectives dans les abattoirs de volailles parmi les plus élevées qui vient d’être conclue. En ce sens, c’est une victoire pour les travailleurs », a soutenu Mme Larouche.

Les conditions dans lesquelles le travail est exercé, sous pression, étaient également en litige. Selon le syndicat, l’employeur s’est engagé à faire de la sensibilisation auprès de ses contremaîtres visant à assurer une gestion plus équitable de la discipline.

Les deux parties ont aussi convenu de travailler de concert avec le MTESS sur une base régulière pour rétablir de meilleures relations de travail. La nouvelle convention prévoit « des mécanismes de réparation des injustices causées » aux travailleurs depuis 2013, a indiqué dans un communiqué le président des TUAC 1991-P, Mario Maisonneuve.

Retour progressif

« Maintenant que le conflit de travail prend fin, la coopérative tient à assurer la partie syndicale de son entière collaboration afin de favoriser un retour au travail harmonieux », a pour sa part commenté dans une déclaration écrite la direction du transformateur de poulet.

L'entreprise avait accepté l'hypothèse de règlement jeudi. Les employés étaient en grève depuis le 23 mai, ce qui a entrainé l'euthanasie de plus d'un million de poulets au Québec.

« Pour mettre fin au gaspillage alimentaire et assurer l’approvisionnement des marchés, la partie patronale s’était déjà rangée derrière cette proposition, même si les termes de la nouvelle convention collective auront pour effet de redéfinir le marché de la volaille au Québec », a également fait valoir l’employeur.

Exceldor coopérative souhaite reprendre les activités de son usine « le plus rapidement possible ». Il faudra plusieurs jours avant qu’elle retrouve sa pleine capacité de production, possiblement une dizaine de jours selon le syndicat.

La reprise se fera de façon progressive notamment en fonction de la disponibilité des volailles, en plus de la préparation des équipements par les mécaniciens, a expliqué Roxane Larouche.

Sur Twitter, le ministre du Travail, Jean Boulet, a affirmé que ses équipes accompagneront les parties dans la reprise des activités. « Maintenant, il faut regarder vers l’avenir », a-t-il écrit.

À voir en vidéo