Hydro-Québec inaugure ses premières centrales solaires

Une étude financée par Ottawa soutenait, le mois dernier, que le Québec et le Canada auraient «tout à gagner» à miser sur l'énergie solaire. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une étude financée par Ottawa soutenait, le mois dernier, que le Québec et le Canada auraient «tout à gagner» à miser sur l'énergie solaire. 

Hydro-Québec produira une nouvelle forme d’énergie. La société d’État a inauguré lundi ses toutes premières centrales solaires, à La Prairie et à Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal.

Les deux installations de puissance modeste visent à déterminer si cette technologie est bien adaptée « au climat du Québec, à son parc de production et à son réseau de transport », indique la société d’État dans un communiqué de presse.

Les deux centrales auront une puissance installée combinée de 9,5 MW et produiront environ 16 GWh d’énergie par année, soit l’équivalent de la consommation de 1000 foyers. À titre de comparaison, Hydro-Québec produit 37,2 GW par an, ou 37 200 MW. Les nouvelles centrales représenteront donc environ 0,025 % de la production.

La mise en service des deux centrales était initialement prévue l’automne dernier, mais le producteur d’énergie a préféré la repousser en raison, dit-il, de la pandémie et du mois de novembre où l’ensoleillement était faible.

Une étude financée par Ottawa soutenait le mois dernier que le Québec et le Canada auraient « tout à gagner » à miser sur l’énergie solaire, un potentiel actuellement « inexploité ». « Le Québec jouit de conditions d’ensoleillement similaires à celles du Japon et de l’Allemagne, qui sont des leaders mondiaux en énergie solaire PV (photovoltaïque) », soutenaient les chercheurs de Nergica.

Hommage à des pionniers

L’installation située à La Prairie a été baptisée « centrale Gabrielle-Bodis », en l’honneur de la première femme ingénieure diplômée de Polytechnique Montréal et employée d’Hydro-Québec pendant plus de 35 ans. C’est aussi la première centrale de la Société d’État qui porte le nom d’une femme, a souligné sa présidente-directrice générale, Sophie Brochu.

La centrale Gabrielle-Bodis est installée à l’emplacement d’une ancienne centrale thermique. Elle a une superficie de 150 000 m2, soit l’équivalent de 28 terrains de football, 26 000 panneaux solaires s’y trouvent et sa puissance installée est de 8 MW.

En ce qui concerne la centrale de Varennes, elle porte le nom de Robert A. Boyd, le premier ingénieur francophone d’Hydro-Québec et sixième grand patron de l’organisation. Le Québec lui doit « le succès du développement de la Baie-James et la francisation de notre ingénierie », a souligné Mme Brochu.

La centrale Robert-A.-Boyd est adjacente à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec. Elle a une superficie de 56 000 m2, on y trouve 4600 panneaux solaires et une puissance installée de 1,5 MW.

Ces centrales s’ajoutent au parc d’Hydro-Québec, qui est constitué de 61 centrales hydroélectriques et 24 centrales thermiques.

À voir en vidéo