Pour la Fed, la hausse des prix est temporaire

Jerome Powell a reconnu que le retour sur le marché du travail «prend plus de temps», en raison de certains obstacles tels que l’inadéquation entre offres d’emplois et profils des chômeurs.
Photo: Sarah Silbiger/Getty Images/AFP Jerome Powell a reconnu que le retour sur le marché du travail «prend plus de temps», en raison de certains obstacles tels que l’inadéquation entre offres d’emplois et profils des chômeurs.

La banque centrale américaine voit les prix augmenter plus qu’attendu cette année, mais elle persiste et signe : il s’agit d’un phénomène temporaire.

Les responsables de la puissante institution monétaire n’ont acté aucun changement immédiat de politique monétaire, à l’issue de deux jours de réunion. Les taux directeurs restent dans la fourchette de 0 à 0,25%. Cependant, les membres du comité monétaire envisagent désormais plus largement une première hausse des taux dès 2023 au lieu de 2024.

L’économie a pourtant largement entamé son redressement. La Fed se montre d’ailleurs plus optimiste sur la croissance, puisqu’elle table sur un PIB en hausse de 7 % en 2021 contre 6,5 % estimé en mars. Sa prévision de chômage pour cette année est, elle, inchangée. Et le retour au plein emploi, c’est-à-dire au niveau d’avant-crise de 3,5 %, le plus bas en 50 ans, est attendu en 2023.

C’est surtout l’inflation qui inquiète les marchés. Elle devrait atteindre 3,4 % cette année, contre 2,4 % estimé en mars, avant de se stabiliser près de l’objectif de 2 %, à 2,1 % en 2022 et 2,2 % en 2023. Mais Jerome Powell a répété que les prix s’expliquent par des « facteurs transitoires » et s’attend à ce que la hausse « s’inverse avec le temps ». « Ce que nous voyons à court terme est principalement associé à la réouverture de l’économie, et non à un marché du travail tendu ou à des contraintes de ressources », a-t-il dit.

Il a ainsi souligné que si les prix du bois d’œuvre, des voitures d’occasion, des billets d’avion et des hôtels ont tiré l’inflation, ils sont à comparer avec des prix qui s’étaient effondrés l’an passé. Les prix ont augmenté en mai à 5 % sur un an, leur rythme le plus rapide depuis 13 ans, selon l’indice CPI, en raison en grande partie de cet effet de comparaison. La Fed utilise une autre mesure de l’inflation, l’indice PCE, qui a connu en avril sa plus forte accélération depuis 2007, +3,6 % sur un an.

Avant de modifier leur politique, les responsables de la Fed veulent que le pays ait retrouvé le plein emploi. Or, il manque encore 7,6 millions d’emplois. Jerome Powell a reconnu que le retour sur le marché du travail « prend plus de temps », en raison de certains obstacles tels que l’inadéquation entre offres d’emplois et profils des chômeurs.

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