L’intérêt de Pierre Karl Péladeau pour Transat A.T. persiste

À la mi-mai, Pierre Karl Péladeau avait exprimé son désintérêt pour l’achat de Transat après avoir déposé une offre de 5$ par action qui avait été refusée par l’actionnaire principal de la compagnie aérienne.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir À la mi-mai, Pierre Karl Péladeau avait exprimé son désintérêt pour l’achat de Transat après avoir déposé une offre de 5$ par action qui avait été refusée par l’actionnaire principal de la compagnie aérienne.

Pierre Karl Péladeau cherche toujours à se donner les ailes d’Air Transat, malgré les pertes importantes encaissées par le voyagiste québécois. C’est Transat A.T. elle-même qui a confirmé l’information en dévoilant, jeudi, ses résultats du deuxième trimestre de l’exercice financier en cours.

Le communiqué diffusé par le transporteur aérien indique en effet que « les discussions avec M. Pierre Karl Péladeau se poursuivent », tout en précisant qu’« il n’y a aucune certitude qu’une transaction en résultera ».

L’actionnaire de contrôle de Québecor avait déposé début avril une offre par laquelle sa société, Gestion MTRHP, proposait de se porter acquéreur de Transat A.T. au prix de 5 $ l’action, offre qui avait été refusée par l’actionnaire principal, Letko Brosseau. À la mi-mai, M. Péladeau prétendait ne plus être intéressé par cet achat, alors que Transat répliquait ne pas avoir été avisée formellement de ce désintérêt.

Restructuration

Durement éprouvée par la crise sanitaire comme l’ensemble des transporteurs aériens, Transat A.T. annonce par ailleurs qu’elle abandonne le secteur hôtelier pour se concentrer uniquement sur les opérations aériennes. « Cela ne signifie pas que nous allons cesser de vendre des forfaits — cela demeure une portion critique de nos activités — mais nous n’investirons pas dans la mise sur pied d’une division d’hôtellerie comme nous avions planifié de le faire. La pandémie a freiné notre capacité de le faire en appauvrissant nos réserves de liquidités », a expliqué la présidente et cheffe de la direction de l’entreprise, Annick Guérard, en conférence téléphonique. Ainsi, le portefeuille immobilier de Transat A.T. dans les destinations soleil, évalué à 38 millions $US, est à vendre.

De plus, les départs de vols internationaux ne se feront plus qu’à partir du Québec, de l’Ontario et des Maritimes, l’Ouest canadien continuant d’être desservi, mais seulement pour les vols intérieurs. La compagnie aérienne veut également réduire de quatre à deux le nombre de modèles d’avions utilisés pour simplifier les opérations et accroître l’utilisation de ses appareils afin d’en rentabiliser l’usage.

Nous avons absolument besoin d’un plan plus clair du gouvernement fédéral pour déterminer quelles seront les prochaines étapes

« Bien que nous ne soyons pas encore sortis du marasme, nous voyons maintenant l’avenir avec confiance », a affirmé Mme Guérard, qui s’attend à une autre année très difficile en 2022. Elle a toutefois précisé que les analyses pessimistes qui ne prévoyaient pas un retour des voyages au niveau de 2019 avant 2024 ou 2025 avaient été revues.

« Nous anticipons qu’après 2022, nous serons en mesure de revenir à quelque chose de plus équilibré et potentiellement voir une rentabilité à ce moment. »

Reprise des vols en août

Transat A.T. reprendra ses activités le 30 juillet et prévoit de s’envoler de Montréal dès le mois d’août vers trois destinations : Paris, Cancún et Punta Cana. Mme Guérard n’a toutefois pas raté l’occasion de mettre de la pression sur Ottawa.

« La plupart des pays sont à implanter ou à tout le moins à préparer des plans pour une reprise sécuritaire des voyages et nous implorons le Canada d’en faire autant dans un avenir rapproché. […] Nous avons absolument besoin d’un plan plus clair du gouvernement fédéral pour déterminer quelles seront les prochaines étapes pour que nous puissions planifier une réouverture de nos opérations de manière efficace. »

Pendant ce temps, les résultats peu reluisants de Transat A.T. ne surprennent guère dans le contexte pandémique. Le voyagiste a creusé sa perte nette ajustée au deuxième trimestre de l’exercice financier en cours par rapport à la période correspondante de l’exercice 2020. Elle est passée de 38,8 millions à près de 103,3 millions.

Les revenus de l’entreprise basée à Montréal ont dégringolé pendant la pandémie de la COVID-19, passant d’un deuxième trimestre à l’autre de 571,3 millions à un peu plus de 7,5 millions.

 

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