Le cannabis légal fait sourire le Trésor public

Les contraintes imposées par les mesures sanitaires et la désignation de la SQDC comme service essentiel semblent ainsi avoir poussé davantage de consommateurs vers la SQDC au détriment des fournisseurs illégaux.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les contraintes imposées par les mesures sanitaires et la désignation de la SQDC comme service essentiel semblent ainsi avoir poussé davantage de consommateurs vers la SQDC au détriment des fournisseurs illégaux.

Le trésor public carbure de plus en plus à l’euphorie du cannabis légal et la pandémie a eu un effet de remontant pour concurrencer le marché noir. La Société québécoise du cannabis (SQDC) a connu une année pandémique fulgurante.

Les résultats financiers de la SQDC pour l’exercice 2020-2021 indiquent que celle-ci a versé au gouvernement du Québec un bénéfice net de 66 millions et 122 millions en taxes, pour un total de 188 millions. Ottawa n’a pas été en reste, recevant tout près de 50 millions en revenus fiscaux.

Ces résultats représentent à peu près le double de ceux de l’an dernier, alors que la société d’État distributrice de cannabis avait versé 26 millions en dividendes et 66 millions en taxes pour un total de 92 millions à Québec et 27 millions en taxes fédérales.

La performance de la SQDC démontre par ailleurs que la pandémie s’est avérée un outil inattendu pour concurrencer le marché noir, puisqu’elle estime avoir capturé 53 % de ce marché illicite dans la dernière année, comparativement à 30 % pour l’exercice précédent. Ces données sont basées sur les évaluations de la consommation totale par le gouvernement fédéral et par le ministère québécois des Finances.

Migration pandémique

Les contraintes imposées par les mesures sanitaires et la désignation de la SQDC comme service essentiel semblent ainsi avoir poussé davantage de consommateurs vers la SQDC au détriment des fournisseurs illégaux.

Un des indicateurs de l’influence de la pandémie est la croissance fulgurante des ventes en ligne, qui ont doublé, passant de 27,5 millions pour près de 4 tonnes métriques l’année précédente à 50,5 millions pour 8,7 tonnes métriques. La Société croit aussi avoir réussi à atteindre un prix concurrentiel à celui du marché noir avec une moyenne de 6,74 $ le gramme, en baisse de 12 % par rapport à 2019-2020.

En tout, la SQDC a vendu 91,5 tonnes métriques de cannabis en 2020-2021 pour des revenus de 537 millions, soit presque le double des 47 tonnes pour 311 millions de recettes l’année précédente.

La SQDC a poursuivi son développement intensif durant l’exercice, implantant 25 nouvelles succursales dont certaines dans des régions qui n’étaient pas desservies jusque-là, portant le total du réseau à 66 points de vente. De plus, une dizaine de nouveaux fournisseurs se sont ajoutés et les producteurs québécois fournissent désormais tout près de 40 % du stock de la SQDC.

Profit de 1,2 milliard pour la SAQ

De son côté, la SAQ a terminé son exercice financier 2020-2021 le 27 mars avec un résultat net de 1,2 milliard en baisse de 6,4 millions ou 0,5 % comparativement à l’exercice précédent. Les ventes ont enregistré une hausse de 2,9 % pour frôler les 3,6 milliards. « Pour une neuvième année consécutive, la SAQ versera plus de 1 milliard au bénéfice des Québécois. Les revenus gouvernementaux ont atteint 2,4 milliards, en hausse de 33,3 millions (1,4 %), dont 1,93 milliard est destiné au trésor québécois et 477,4 millions au gouvernement fédéral. »

Les ventes de ce réseau ont oscillé autour de 3,2 milliards, soit une hausse de 60,7 millions ou 1,9 %.

« L’impact de la pandémie, particulièrement lié à la réduction des activités des restaurants et des bars, a généré un déplacement des ventes réalisées auprès des titulaires de permis vers le réseau des succursales et des agences. Ceci, jumelé à d’autres impacts de la pandémie tels que l’imposition de restrictions liées aux déplacements à l’extérieur du Québec, a contribué à l’augmentation des ventes auprès des consommateurs de 361,1 millions et explique en grande partie la diminution des ventes auprès des titulaires de permis de 321,9 millions », explique la société d’État.

Pour leur part, les ventes en ligne ont augmenté de 130,7 % pour totaliser 96,9 millions et atteindre 3,3 % des ventes effectuées auprès de la clientèle.

53%
C’est la part du marché illicite de cannabis que la SQDC estime avoir capturé grâce à la pandémie de COVID-19. Les contraintes imposées par les mesures sanitaires et la désignation de la SQDC comme service essentiel semblent ainsi avoir poussé davantage de consommateurs vers la SQDC au détriment des fournisseurs illégaux.
 

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