Google pourrait différer son introduction en Bourse

Seattle — Le moteur de recherche sur Internet Google pourrait différer d'une semaine son introduction en Bourse mais ce report ne serait nullement lié aux révélations sur la vente d'une importante quantité d'actions dans des conditions prêtant à confusion, a-t-on appris jeudi de source familière du dossier.

L'entreprise a déclaré avoir vendu à son personnel dans des conditions susceptibles d'être illégales une importante quantité d'actions entre 2001 et 2004, et en proposer aujourd'hui le rachat.

Selon cette source, le report de l'entrée en Bourse, initialement attendue pour mardi ou mercredi prochain, s'expliquerait par le souci de faire souscrire davantage de gestionnaires de fonds.

Le premier moteur de recherches sur Internet vise une introduction en Bourse à un cours estimé entre 108 et 135 $US l'action. Plusieurs gestionnaires de fonds ont reculé devant ce niveau de prix. Dans l'hypothèse haute, la valorisation de Google serait 329 fois supérieure à ses revenus 2003 et plus du double du ratio de son principal rival, Yahoo.

Des investisseurs estiment en outre que les révélations sur cette vente d'actions au personnel jettent un voile sur l'entrée de Google sur un marché financier guère reluisant où les valeurs Internet ont baissé.

Dans un document remis mercredi à la SEC, l'autorité de contrôle des marchés financiers américains, Google précise avoir vendu 23,2 millions d'actions à 1105 employés et consultants ou anciens employés, et accordé 5,6 millions de stock-options à 301 personnes entre septembre 2001 et juin dernier. Ces transactions n'ont pas été enregistrées, contrairement aux dispositions prévues par la loi.

Pour régulariser sa situation, Google propose de racheter ces titres pour 25,9 millions de dollars, intérêts compris. Mais le problème est qu'en retenant la valeur supérieure de la fourchette d'introduction en bourse (135 $US), les actions contestées vaudraient donc 3,1 milliards de dollars.

La société indique que son offre expirera en septembre, sans fournir de date précise. Elle reconnaît que certains propriétaires des titres en question pourraient l'attaquer en justice plutôt que d'accepter son offre de rachat. En cas de refus ou d'absence de réponse à son offre, les titres seront automatiquement enregistrés après l'introduction en Bourse. Celle-ci porte sur 24,6 millions de titres de l'entreprise, qui n'existe que depuis six ans.