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Retour en forme d'Air Canada au deuxième trimestre

Les résultats financiers d'Air Canada dévoilés hier mettent en exergue un net redressement au deuxième trimestre. En excluant les frais associés à la restructuration du transporteur, les résultats d'exploitation font ressortir un passage de pertes à profits, avec les effets du SRAS et de la guerre en Irak loin derrière. Air Canada, qui a rendez-vous avec ses créanciers le 17 août, garde le cap sur son dégagement de la protection des tribunaux, prévu le 30 septembre prochain.

Air Canada a précisé hier avoir dégagé un revenu d'exploitation de 22 millions au deuxième trimestre clos le 30 juin dernier. Il s'agit d'un revirement de 292 millions par rapport à la perte d'exploitation de 270 millions comptabilisée au deuxième trimestre de 2003, cette dernière période ayant subi l'influence «désastreuse» de la crise associée à l'épidémie du SRAS et à la guerre en Irak. En ajoutant à ces données les frais associés à la restructuration du transporteur, la perte du trimestre se chiffre à 510 millions, contre 566 millions un an plus tôt. Les revenus ont augmenté de 14 % entre les deux trimestres de comparaison, de 1,95 à 2,22 milliards.

Au total pour le premier semestre, Air Canada a inscrit une perte d'exploitation de 123 millions cette année, contre 624 millions après six mois en 2003. Après frais de restructuration, la perte semestrielle passe à 814 millions, comparativement à 836 millions un an plus tôt. Le tout repose sur une augmentation de 4 % des revenus, à 4,34 milliards contre 4,16 milliards au premier semestre de 2003.

Air Canada pointe en direction d'un redressement généralisé, avec des revenus passagers en hausse dans tous ses principaux marchés. Il y a un an, l'épidémie du SRAS avait provoqué une forte contraction de la demande sur les marchés, intérieur et international, avec un impact se faisant directement sentir sur sa plaque tournante de Toronto et ses routes transpacifiques.

Dans son communiqué, le transporteur met également l'accent sur une réduction de 23 millions ou de 1 % de ses dépenses d'exploitation entre les deuxièmes trimestres de 2003 et de 2004, et ce, malgré un bond de 82 millions ou de 28 % de ses dépenses en carburant dans l'intervalle et un accroissement «en spirale» des frais aéroportuaires et de navigation. Les coûts unitaires se situent à 11 % sous les niveaux de 2003 (à 15 % si l'on exclut les dépenses de carburant), la pièce maîtresse étant une réduction de 22 % des dépenses salariales entre les deux trimestres de comparaison.

Air Canada a rappelé que l'impact global des réductions de coûts obtenues dans le cadre de sa restructuration ne sera comptabilisé qu'au sortir de la protection des tribunaux. Ces réajustements des coûts (en main-d'oeuvre, en approvisionnement et en location d'appareils) doivent produire des économies récurrentes de deux milliards annuellement.

Le transporteur a réitéré ses cibles. «Même s'il nous reste encore beaucoup de pain sur la planche dans les deux mois qui viennent, nous comptons bien nous affranchir de la LACC [Loi sur les arrangements avec les créanciers de compagnies] comme prévu, fin septembre. Après la ratification de toutes nos conventions collectives à la mi-juillet, nous avons envoyé à nos créanciers, comme cela était exigé, la circulaire d'information ainsi que le plan d'arrangement sur lequel ils seront appelés à voter le 17 août», peut-on lire dans le communiqué.

En date du 5 août, l'encaisse globale d'Air Canada se situait à environ 800 millions, et 600 millions étaient disponibles sous forme de facilité de crédit garanti.