Le pétrole se replie après avoir atteint de nouveaux records

Face aux fortes tensions autour de l’affaire Ioukos, l’Organisation des pays producteurs de pétrole a multiplié les interventions verbales cette semaine, sans pour autant convaincre le marché de sa faculté de répondre à la crise.
Photo: Agence Reuters Face aux fortes tensions autour de l’affaire Ioukos, l’Organisation des pays producteurs de pétrole a multiplié les interventions verbales cette semaine, sans pour autant convaincre le marché de sa faculté de répondre à la crise.

New York — Le cours du pétrole brut s'est replié sous les 44 $US hier en clôture à New York, après avoir atteint de nouveaux records le même jour, dans un marché toujours très inquiet de la situation de Ioukos et misant sur une plus ample hausse des prix.

Le baril de brut de référence américain, pour livraison en septembre, a clôturé sur une perte de 46 ¢ à 43,95 $US, après avoir atteint un nouveau sommet historique de séance à 44,65 $US plus tôt et un nouveau record à 44,77 $US lors des échanges électroniques précédant l'ouverture du New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a grimpé à 41,50 $US en séance électronique, un nouveau record, avant de clôturer à 40,63 $US, en baisse de 49 ¢.

«Ce n'est pas un repli très important, je pense que certains opérateurs se demandent comment interpréter le va-et-vient des décisions de justice liées à Ioukos», a jugé Jason Schenker, analyste de Wachovia. La Cour d'arbitrage de Moscou a levé hier soir le séquestre des actions de la première filiale de production du géant pétrolier Ioukos, Iouganskneftegaz, ont annoncé les agences russes.

La Cour, saisie par un appel de Ioukos qui contestait le séquestre des actions de sa filiale, coeur du groupe, a jugé le séquestre illégal et non motivé. «La situation de Ioukos n'est pas très claire», estime Tony Machacek, opérateur à la maison de courtage Prudential Bache.

La décision de la Cour d'arbitrage intervient alors que le gouvernement russe avait récemment annoncé qu'il s'apprêtait à vendre Iouganskneftegaz pour participer au recouvrement des lourdes dettes fiscales de Ioukos. Mais les investisseurs peinent à percevoir la signification pratique de cette décision, d'autant que les comptes bancaires du groupe, qui permettent notamment à Ioukos de financer le transport de son pétrole, demeurent bloqués par le gouvernement.

Le numéro un du pétrole russe, au bord de la faillite, produit 1,7 million de barils par jour (mbj) et en exporte la majorité.

Face aux fortes tensions autour de l'affaire Ioukos, l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) a multiplié les interventions verbales cette semaine, sans pour autant convaincre le marché de sa faculté de répondre à la crise. «Nous sommes prêts à augmenter la production de 1 à 1,5 million de barils par jour et cette question sera discutée lors de notre réunion du 14 septembre à Vienne», a déclaré hier le président de l'OPEP, Purnomo Yusgiantoro.

Les investisseurs craignent aussi que le référendum qui aura lieu le 15 septembre au Venezuela, seul membre latino-américain de l'OPEP et l'un des principaux fournisseurs des États-Unis, n'entraîne une nouvelle paralysie de l'industrie pétrolière comme cela s'était produit lors de la grève générale entre décembre 2002 et février 2003.

Dans ce contexte, «je pense que les cours vont recommencer à monter la semaine prochaine», prédit M. Schenker, alors que le marché juge très probable une poussée des cours à 50 $US à court terme.