Nouvel embrasement du prix du pétrole à New York

Les difficultés du géant pétrolier russe Ioukos et une forte spéculation ont fait flamber les prix du brut, hier.
Photo: Agence Reuters Les difficultés du géant pétrolier russe Ioukos et une forte spéculation ont fait flamber les prix du brut, hier.

New York — Les cours du pétrole brut ont terminé à un nouveau record historique de clôture à 44,41 $US hier sur le marché de New York, en raison des difficultés du géant pétrolier russe Ioukos et d'une forte spéculation.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de Light Sweet Crude, le brut de référence, a battu record sur record tout au long de la séance, montant jusqu'à 44,50 $US, nouveau record absolu, à quelques minutes de la fermeture, avant de reperdre quelques cents pour finir à 44,41 $US (+1,58 $US).

Le brut a donc annulé toutes ses pertes de mercredi, quand il avait chuté de 1,32 $US. Le précédent record de clôture avait été atteint mardi à 44,15 $US.

À Londres, le baril de Brent, le pétrole de la mer du Nord de référence, s'est lui aussi hissé à un nouveau record historique de clôture à 41,12 $US, en hausse de 1,42 $US. En cours de séance, le baril de brent était monté jusqu'à 41,30 $US, son nouveau record absolu.

«Évidemment, le marché s'inquiète d'une possible interruption de l'offre en provenance de Russie», a relevé Mike Fitzpatrick, analyste sur le marché du pétrole pour la maison de courtage Fimat. Cette inquiétude renouvelée, en raison des nouveaux déboires du groupe pétrolier russe Ioukos avec la justice, se fait sur «fond de forte demande de pétrole» dans le monde occidental, a également noté Mike Fitzpatrick.

L'inquiétude sur l'avenir de Ioukos, qui s'était un peu dissipée la veille, est repartie de plus belle après l'annulation par le ministère de la Justice russe de sa décision de débloquer les comptes du géant pétrolier, qui risque la faillite. Ioukos produit 1,7 million de barils par jour (mbj), dont la majeure partie est exportée.

L'annonce d'une nouvelle attaque contre le principal oléoduc du nord de l'Irak a ajouté de l'huile sur le feu.Selon les analystes, les investisseurs redoutent également une perturbation de la production au Venezuela à l'occasion du référendum du 15 août sur le maintien au pouvoir du président Hugo Chavez.

En outre, les propos rassurants du président de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) mercredi n'ont pas leurré le marché. Le cartel, qui a affirmé mercredi disposer d'une capacité de production supplémentaire de 1 à 1,5 million de barils par jour reste incapable de compenser une éventuelle interruption de la production en cas de problèmes en Russie ou au Venezuela, ou encore d'attentat terroriste au Proche-Orient, soulignent les experts.

Le pétrole a pris près de 12 $US depuis le début de l'année à New York, soit un bond de 36 %, sans donner de signes d'apaisement. «Les gens sont vraiment inquiets d'une perturbation majeure de l'approvisionnement. Les prix vont continuer à monter», a conclu Jason Schenker, analyste de Wachovia Securities.