Amazon assouplit ses conditions de travail

«Les travailleurs des sites Amazon se blessent plus souvent, et plus gravement que dans les entrepôts d’autres entreprises», a affirmé une coalition de syndicats, le Strategic organizing center, dans un rapport publié mardi.
Photo: Ina Fassbender Agence France-Presse «Les travailleurs des sites Amazon se blessent plus souvent, et plus gravement que dans les entrepôts d’autres entreprises», a affirmé une coalition de syndicats, le Strategic organizing center, dans un rapport publié mardi.

Amazon assouplit les conditions de travail dans ses entrepôts américains après un rapport accablant sur les accidents, semblant chercher à apaiser les critiques à moins de trois semaines de sa grande opération de soldes annuels.

Ses « Prime Day » , deux journées de promotions « sur plus de 2 millions de produits » auront lieu les 21 et 22 juin dans une vingtaine de pays, dont les États-Unis, et nécessiteront comme chaque année un renforcement temporaire de ses équipes. Mardi, le géant du commerce en ligne a annoncé que les ouvriers auront plus de temps pour prendre des pauses.

Stress inutile

Le système baptisé « Time off Task » (« temps non travaillé »), qui mesure la productivité des salariés chargés de trier, d’emballer et de déplacer les colis, « peut facilement être mal interprété », a admis Dave Clark, patron des opérations mondiales, dans une lettre à ses équipes.

De nombreux employés et associations accusent cette méthode de causer du stress inutile, en ne laissant pas suffisamment de temps pour se rendre aux toilettes, par exemple. « À partir d’aujourd’hui, le “Time off Task” durera plus longtemps en moyenne », a promis le directeur.

Cette décision intervient dans la foulée de nouvelles accusations par des syndicats américains, qui estiment que le groupe de Seattle ne protège pas suffisamment la santé de ses employés.

Blessures

« Les travailleurs des sites Amazon se blessent plus souvent, et plus gravement que dans les entrepôts d’autres entreprises », a affirmé une coalition de syndicats, le Strategic organizing center, dans un rapport publié mardi.

Selon cette étude, l’année dernière, près de 6 % des ouvriers des centres de tri du géant du commerce en ligne ont été victimes d’un accident qui les a forcés à s’arrêter temporairement ou à prendre un poste différent, moins contraignant physiquement.

« Ce taux est quasiment 80 % plus élevé que pour tous les autres employeurs ayant des entrepôts sur l’année 2020 », continue le rapport.

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