Hausse des fraudes imitant des noms d’institutions connues

Les tentatives d’hameçonnage et autres fraudes à l’investissement imitant les noms d’institutions financières connues sont en progression.
Photo: Glenn Carstens-Peters Unsplash Les tentatives d’hameçonnage et autres fraudes à l’investissement imitant les noms d’institutions financières connues sont en progression.

Mise en garde des autorités. Les tentatives d’hameçonnage et autres fraudes à l’investissement imitant les noms d’institutions financières connues sont en progression.

Dernières du nombre, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) ont mis le public en garde lundi contre des fraudeurs qui prétendent représenter de grandes sociétés financières connues du public. Elles ont récemment vu augmenter le nombre d’escroqueries employant des brochures ou d’autres documents publicitaires électroniques d’aspect professionnel dont l’objectif est d’amener les investisseurs canadiens à visiter de faux sites Web.

« Le stratagème est le suivant : les investisseurs reçoivent des brochures et d’autres documents d’investissement d’allure soignée qui semblent provenir de banques, d’assureurs, d’organismes de placement collectif et d’autres entités facilement reconnaissables, et qui les dirigent vers de faux sites Web et des numéros de téléphone créés par les fraudeurs. Ces sites Web paraissent quasi identiques à ceux des vraies entreprises. En composant le numéro de téléphone affiché sur le faux site Web, les investisseurs sont habituellement mis en communication avec un fraudeur se faisant passer pour un employé de la vraie entreprise. On leur demande alors souvent d’envoyer des fonds par transfert électronique », expliquent les ACVM dans leur communiqué.

Peu avant, l’Autorité des marchés financiers avertissait contre une campagne d’hameçonnage frauduleux menée par des pirates informatiques se présentant comme des membres du personnel de l’Autorité et demandant de leur transférer des sommes d’argent liées à une transaction boursière ou à une vente de cryptomonnaie. Le domaine courriel utilisé est « @lautorite-support.finance ». « Ce domaine n’est aucunement lié à l’Autorité, qui en a récemment demandé la fermeture auprès du fournisseur […] En aucun cas un membre de son personnel ne pourrait réclamer ou solliciter des sommes d’argent par virement bancaire personnel ». Elle souligne également que son seul domaine courriel est « @lautorite.qc.ca ».

Ces sites Web paraissent quasi identiques à ceux des vraies entreprises.

 

« Des pertes importantes »

La semaine dernière l’Autorité visait des allégations frauduleuses faites par RBCmarkets sur le site Internet www.rbcmarkets.com. « Ce site et la société EX 64, opérant aussi sous la dénomination RBCmarkets, ne sont aucunement liés à l’institution financière RBC Banque Royale ou à ses filiales. »

RBCmarkets prétend offrir la possibilité d’ouvrir un compte de courtage et de négocier des produits financiers, notamment des devises, des cryptomonnaies, des actions et des produits dérivés. « Les faits rapportés démontrent que des Québécois sont sollicités et seraient en mesure d’ouvrir un soi-disant compte. Les consommateurs n’ont en réalité aucun contrôle sur le compte et sur le contenu affiché sur le site, qui peut être manipulé par les fraudeurs. Des pertes [financières] importantes ont été recensées. » Ni RBCmarkets ni EX 64 ne détiennent une inscription auprès de l’Autorité.

Le 17 mai, les ACVM lançaient l’avertissement contre un placement frauduleux prétendument offert par Fidelity Investments. « Dans ce stratagème, les investisseurs se voient remettre des documents présentant deux occasions de placement prétendument assorties d’un taux de rendement élevé et garanti. Ni le « Fidelity Capital Protected Fixed Income Fund » ni le « Guaranteed Investment Bond » ne sont toutefois offerts par Fidelity. »

Pour conférer davantage de légitimité aux documents, on y mentionne que l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) réglemente la société de placement ainsi que ses produits, et que les investisseurs peuvent, en cas d’insatisfaction, déposer une plainte auprès d’elle. « On y fait aussi faussement valoir que la Société d’assurance-dépôts du Canada protégera les personnes qui investissent dans ces produits. Or, l’ACFC n’est pas chargée d’encadrer les sociétés de placement », ajoutent les ACVM.

 

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