Reprise de négociations «cruciales» pour le climat aux Nations unies

Les négociateurs doivent aborder plusieurs questions clés, dont le fonctionnement des mécanismes de marchés carbone prévus par l’article 6 de l’Accord de Paris.
Photo: Arindam Dey Agence France-Presse Les négociateurs doivent aborder plusieurs questions clés, dont le fonctionnement des mécanismes de marchés carbone prévus par l’article 6 de l’Accord de Paris.

À six mois d’une importante Conférence climat, les Nations unies ont repris lundi — par visioconférence — des négociations « cruciales », l’élection de Joe Biden ayant redonné un coup de fouet à la lutte contre le réchauffement climatique.

« Nous sommes à un moment pivot dans une année cruciale », a lancé Patricia Espinosa, la responsable climat de l’ONU, en lançant cette session de négociations informelles sur les points toujours en suspens de l’Accord de Paris, conclu en 2015.

Ces discussions, qui ne doivent pas déboucher sur des décisions fermes, sont les premières depuis l’échec de la COP25 de Madrid fin 2019. La pandémie de COVID-19 avait depuis mis à l’arrêt la diplomatie du climat, et les attentes se concentrent sur la COP26, reportée d’un an et désormais prévue en novembre à Glasgow. Mme Espinosa a donc appelé les délégués à préparer « des décisions prêtes pour l’adoption » en Écosse. « Il est crucial de rattraper le temps perdu et que la COP soit un succès. C’est un test de notre crédibilité », a-t-elle lancé.

Un message repris en écho par les participants à un sommet virtuel sur le climat à Séoul du P4G, « Partnering for Green Growth », dont la déclaration finale lundi a appelé à agir décisivement.

L’envoyé spécial américain pour le climat, John Kerry, a appelé tous les pays, et pas seulement les pays développés, à faire un effort. Tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé qu’il s’agissait d’un sujet « d’intérêt pour soi-même, d’intérêt mutuel et d’intérêt collectif ».

Le sommet en ligne sur le climat convoqué fin avril par le nouveau locataire de la Maison-Blanche a vu les grands pays émetteurs redoubler d’engagements vers la neutralité carbone, à commencer par les États-Unis eux-mêmes. Et la lutte contre le changement climatique figurera en bonne place au sommet du G7 en Cornouailles du 11 au 13 juin, pendant les discussions onusiennes. Le club des pays riches s’est tout récemment déjà engagé à stopper toute aide publique aux centrales à charbon, très polluantes.

Urgence

Un militantisme bienvenu étant donné que les scientifiques alertent sur l’urgence face à un bouleversement qui menace de conséquences irréversibles. Les catastrophes climatiques se multiplient, et « la trajectoire actuelle n’est pas en ligne avec les objectifs de l’accord de Paris », a rappelé Mme Espinosa.À savoir limiter le réchauffement à « 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et si possible » 1,5 °C. Ce dernier seuil pourrait précisément être franchi au cours d’une des cinq prochaines années, a récemment mis en garde l’Organisation météorologique mondiale.

Les négociateurs doivent aborder plusieurs questions clés, dont le fonctionnement des mécanismes de marchés carbone prévus par l’article 6 de l’Accord de Paris, sur lequel les quelque 200 signataires n’arrivent toujours pas à s’accorder.

Des règles de fonctionnement de l’accord, notamment en matière de transparence, restent également à déterminer, tout comme la question des plans d’adaptation aux conséquences du changement climatique ou l’engagement des pays développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2025 les politiques climatiques des pays pauvres.

Enfin, de nombreux pays doivent encore établir leurs engagements révisés de réduction d’émissions, qui sont, selon l’ONU, encore loin de permettre de tenir les objectifs de l’Accord de Paris.

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