Greg Chamandy quitte Gildan

L'homme d'affaires montréalais Greg Chamandy, a quitté hier la direction et le conseil d'administration du manufacturier de t-shirts Gildan qu'il a fondé avec son frère Glenn au début des années 1990.

L'aîné de la famille avait laissé savoir en février qu'il avait l'intention de se retirer progressivement des affaires de l'entreprise afin de «poursuivre d'autres intérêts commerciaux non reliés». Il s'était en outre départi en mai de toutes ses actions de Gildan.

Glenn et lui se donnaient un an pour assurer la transition. Il semble que le processus ait été moins fastidieux que prévu.

Selon le vice-président exécutif Laurence Sellyn, le départ de Greg Chamandy n'a rien à voir avec fermeture de l'usine d'El Progreso, au Honduras, qui fait l'objet d'une enquête de la Fair Labor Association et d'un autre groupe de défense des droits des travailleurs. «Le conseil et lui ont jugé qu'il valait mieux qu'il consacre toute son énergie et toutes ses ressources aux nouveaux projets dans lesquels il est impliqué», a-t-il expliqué.

Dans un communiqué, le nouveau p.-d.g. Glenn Chamandy s'est dit «totalement engagé à relever le défi» et à piloter une société en pleine croissance qui emploie 9300 personnes.

Le poste de président du conseil d'administration de Gildan a été confié à Robert Baylis, un ancien chef de la direction de Crédit Suisse First Boston pour la région Pacifique. M. Baylis siège au conseil de Gildan depuis 1999.

Le départ de Greg Chamandy coûtera 3 millions $US ou 0,10 $US par action à l'entreprise qui fabrique des vêtements de coton dans ses usines du Canada, des États-Unis et de l'Amérique centrale. Ce montant sera entièrement imputé aux résultats du quatrième trimestre.

L'entrepreneur quitte Gildan alors que la société est plus rentable que jamais. Pour son troisième trimestre terminé le 4 juillet, le manufacturier a engrangé un bénéfice net record de 26,2 millions $US, ou 88 ¢US par action après dilution. L'an dernier à pareille date, l'entreprise avait fait état de profits de 21,8 millions ou 73 ¢US.

D'après Gildan, cette amélioration de la rentabilité découle d'une hausse des prix et du volume des ventes ainsi que d'une réduction des coûts d'exploitation. Le chiffre d'affaires trimestriel de la compagnie s'est établi à 168,4 millions $US, en hausse de 17,4 % par rapport aux 143,4 millions déclarés au troisième trimestre de 2003.

Au total, après neuf mois, Gildan a inscrit un bénéfice net de 43,4 millions ou de 1,46 $US par action, en hausse de 11,6 % sur celui de 38,9 millions (1,31 $US l'action) un an plus tôt. Ses revenus ont atteint 387,8 millioins, contre 322 millions après neuf mois en 2003.

Au cours des derniers mois Gildan a maintes fois été accusée d'antisyndicalisme. Incapable de concilier ce placement et sa mission, le Fonds de solidarité FTQ a même décidé de retirer ses billes de l'entreprise à la fin de l'année 2003.

Cela n'a pas empêché l'entreprise de poursuivre son développement. Au printemps, elle a notamment annoncé l'ouverture prochaine d'usines en République dominicaine et en Haïti.

Elle a en outre laissé savoir hier qu'elle avait acheté un terrain et des bâtiments au Nicaragua — où elle possède déjà des installations — et qu'elle entendait entreprendre immédiatement la construction d'une usine de confection de chandails molletonnés. Le coût total en capital du projet, y compris celui du terrain et des bâtiments, est estimé à environ 60 millions $US.

Hier à la Bourse de Toronto, l'action de la compagnie a gagné 1,15 $ pour terminer la journée à 37 $.