L'OPEP se fait rassurante et stoppe la hausse du brut

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole a réussi à freiner la hausse du prix du baril de brut, qui a clôturé sous la barre de 43 $US.
Photo: Agence Reuters L’Organisation des pays exportateurs de pétrole a réussi à freiner la hausse du prix du baril de brut, qui a clôturé sous la barre de 43 $US.

New York — Le cours du pétrole brut a chuté hier à New York, clôturant sous la barre de 43 $US suite à des déclarations rassurantes de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et alors que les exportations du géant russe Ioukos ne semblent pas immédiatement menacées.

Le baril de brut de référence a fini sur une baisse de 1,32 $US à 42,83 $US sur le New York Mercantile Exchange, après être monté jusqu'à 44,34 $US, un nouveau record absolu, lors des échanges électroniques précédent l'ouverture du marché. À Londres, le baril de Brent a fini en baisse de 94 cents à 39,70 $US après avoir atteint un record absolu en cours de séance à 40,99 $US.

«La hausse des stocks américains d'essence et de produits distillés a entraîné le marché à la baisse» en début de séance, a indiqué Mike Fitzpatrick, analyste de Fimat. Puis dans l'après-midi, «nous avons eu beaucoup de facteurs négatifs, avec l'assurance que Ioukos n'allait pas interrompre ses exportations et les commentaires de l'OPEP», a-t-il expliqué, précisant que des liquidations de fonds d'investissements avaient accentué le repli des cours.

«La barre de 44 $US était une cible technique. Une fois atteinte, beaucoup d'opérateurs ont décidé de prendre leurs bénéfices», a-t-il conclu.

Les cours ont accéléré leur baisse dans la foulée des déclarations du président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, l'Indonésien Purnomo Yusgiantoro. M. Yusgiantoro a affirmé que l'OPEP continuait de détenir une capacité de production excédentaire de 1 à 1,5 million de barils par jour (mb/j) qui permettrait une augmentation supplémentaire immédiate de la production de pétrole.

Certains analystes se montraient toutefois sceptiques face à ces déclarations. «C'est comme quelqu'un qui jure qu'il va se mettre au régime. C'est bien d'en parler, c'est mieux de le faire pour de vrai», estime Bill O'Grady, analyste de AG Edwards.

En outre, le ministère russe de la Justice a informé hier Ioukos que la compagnie pétrolière, cible de plusieurs procédures judiciaires et dont les actifs sont gelés, pouvait puiser dans ses comptes bancaires pour financer ses opérations courantes. Cette mesure réduit le principal risque évoqué récemment par la compagnie, celui de devoir suspendre le transport de son brut vers l'étranger, faute de pouvoir le payer.

Par ailleurs, le département américain de l'Energie (DoE) a constaté un bond de 2,4 Mb des stocks américains d'essence à 210,1 Mb la semaine dernière, et l'API (Institut américain du pétrole, privé) fait état d'un gain encore plus important de 3,46 Mb à 212,79 Mb. Du côté des produits distillés, le niveau des stocks a bondi de 2,1 Mb à 121,2 Mb d'après le DoE, tandis que l'API fait état d'un effritement de 60 000 barils des réserves américaines à 118,44 Mb.