Halliburton devra payer 7,5 millions pour tromperie

Washington — Le groupe américain de services pétroliers Halliburton a accepté hier de payer 7,5 millions de dollars pour régler des accusations de tromperie sur ses comptes à l'époque où il était dirigé par l'actuel vice-président Dick Cheney, a indiqué la commission des opérations de Bourse (SEC).

M. Cheney, qui a été p.-d.g. de Halliburton entre 1995 et 2000, a témoigné devant la SEC et il a «coopéré volontairement et pleinement» à l'enquête, a indiqué le gendarme de la Bourse dans un communiqué.

L'ancien auditeur financier de Halliburton, Robert Muchmore, a également accepté de payer une amende de 50 000 $US. Halliburton et M. Muchmore n'ont ni admis ni nié les accusations de la SEC, comme c'est la coutume lors d'un règlement à l'amiable.

Le gendarme de la Bourse est arrivé à la conclusion que le groupe avait publié des communiqués «matériellement trompeurs» sur ses revenus en 1998 et en 1999. Le dossier de l'ancien responsable financier du groupe, Gary Morris, a été transmis au tribunal de Houston au Texas. «Nous sommes heureux de mettre un terme à ce dossier», a commenté le p.-d.g. de Halliburton, Dave Lesar, dans un communiqué distinct.

Le groupe était accusé par la SEC d'avoir modifié ses méthodes comptables en 1998 sans en informer le public.

Si la nouvelle méthode n'avait rien d'illégal, elle a toutefois permis à Halliburton de présenter ses recettes sous un jour bien plus avantageux. En 1998 par exemple, le groupe a pu faire valoir des revenus supérieurs de 46,1 % à ce qu'ils auraient été avec l'ancienne méthode. «La commission tient MM. Morris et Muchmore pour responsables du manquement de la compagnie à révéler ses changements de méthode comptable», ajoute le communiqué de la SEC.

Halliburton est régulièrement revenu sous les feux d'une actualité au parfum de scandale ces derniers mois. En juillet, le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête sur de présumées activités illégales menées en 1997 et en 1998 en Iran, pays dénoncé par Washington pour son appartenance à «l'axe du mal».

Halliburton s'est également vu accusé d'avoir surfacturé certaines prestations — essence et repas servis aux troupes — des contrats de reconstruction en Irak.

Le groupe avait déclenché la polémique en recevant de la part du gouvernement américain de très lucratifs contrats pour remettre en route l'industrie pétrolière irakienne, sans passer par une procédure d'appel d'offres. L'an dernier, les contrats de reconstruction en Irak avaient représenté pour Halliburton des revenus de 3,6 milliards, et 85 millions de bénéfice d'exploitation.