Les papetières sont dans le rouge

Les papetières Domtar et Cascades ont toutes les deux annoncé une perte au cours du deuxième trimestre de 2004, mais en comparant ces résultats avec ceux des trimestres précédents, elles voient des signes encourageants pour l'avenir immédiat.

Domtar a pour sa part déclaré une perte nette d'un million ou d'un cent par action pour le trimestre, en comparaison d'un bénéfice net de huit millions ou de trois cents au cours du trimestre correspondant en 2003. Il faut ajouter cependant qu'au premier trimestre de 2004, cette société avait enregistré une perte nette de 44 millions. Dans le deuxième trimestre, l'affaiblissement du dollar américain a eu l'impact négatif de 29 millions $CA sur les résultats.

Toutefois, au cours de cette même période, la demande s'est grandement raffermie sur le marché américain. «Cela marque la fin de l'érosion», constatait hier Raymond Royer, président et chef de la direction. Il y a eu en effet au cours du trimestre plusieurs hausses de prix plus on moins importantes selon les produits et cela devrait entraîner des résultats nettement plus intéressants au troisième trimestre, car 70 % des produits de Domtar profitent de ces hausses, lesquelles pourraient se répéter dans certains cas. En fait, la demande est si forte qu'il faut vendre certains produits selon une formule d'allocation. La direction mise en outre sur une réduction des tarifs douaniers imposés par les Américains.

Pour sa part, Cascades présente une situation assez semblable à celle de Domtar. Sa perte nette pour le deuxième trimestre fut de trois millions ou de trois cents par action, en comparaison d'un bénéfice net de 29 millions ou de 36 cents par action au trimestre correspondant de 2003. Toutefois au premier trimestre de 2004, sa perte avait été du double, soit de six millions.

Alain Lemaire, président et chef de la direction de Cascades constate, tout comme M. Royer, que les ventes aux États-Unis ont connu une reprise très forte, à tel point que toutes les usines de Cascades fonctionnent présentement à 100 % de leur capacité. Les livraisons ont augmenté de 8 %, ce qui a donné des revenus de 941 millions. Dans le cartonnage, la hausse des prix fut de près de 20 %. Cascades effectue 50 % de ses ventes aux États-Unis. M. Lemaire mentionne cependant que les fluctuations de la monnaie ont été trop faibles pour avoir un impact notable sur les résultats.

Malgré la perte au second trimestre, M. Lemaire voit des signes encourageants en ce sens qu'il y a amélioration de la rentabilité et que des efforts constants sont faits pour réduire les coûts d'exploitation, sans coupures cependant dans le personnel.

Pour les trimestres à venir, Cascades n'envisage pas faire d'importantes acquisitions. Ses dirigeants travaillent depuis six mois sur un plan de restructuration avec l'objectif de faire partie davantage du mouvement de concentration dans l'industrie, ce qui pourrait vouloir dire la vente éventuelle de certains actifs dans des secteurs où l'entreprise est moins forte, mais en mettant l'accent pour une croissance dans les domaines où elle est déjà forte.

Chez Domtar, M. Royer réitère que le groupe est encore trop petit pour être concurrentiel dans le marché global, mais qu'il n'y aura pas de croissance aux dépenses de sa profitabilité, ce qui signifie le maintient de l'objectif d'un taux d'endettement qui ne soit pas supérieur à 45 %.

Pour ajouter à l'optimisme de MM. Royer et Lemaire, c'est tout le secteur canadien des produits forestiers qui accueille avec satisfaction le cadre de négociations adopté par les membres de l'Organisation mondiale du commerce. Avrim Lazar, président et chef de la direction de l'Association des producteurs forestiers du Canada, considère que cette base de négociations fera progresser le programme établi à Doha pour le développement du commerce mondial. «Il s'agit d'une très bonne nouvelle pour l'industrie forestière canadienne et pour les 250 000 personnes à son emploi, ainsi que pour les 300 collectivités qui sont tributaires de l'industrie pour l'exportation de ses produits».