Le pétrole atteint le cap des 44 $US

L’augmentation du prix du pétrole a animé la matinée des courtiers, hier, au New York Stock Exchange. Le brut de référence américain a franchi le seuil des 44 $US le baril, une première depuis le début des échanges à New York en 1983.
Photo: Agence Reuters L’augmentation du prix du pétrole a animé la matinée des courtiers, hier, au New York Stock Exchange. Le brut de référence américain a franchi le seuil des 44 $US le baril, une première depuis le début des échanges à New York en 1983.

New York — Les prix du pétrole ont battu de nouveaux records hier, franchissant pour la première fois le cap des 44 $US à New York, enflammés par la menace terroriste alors que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a admis son impuissance à juguler la flambée des cours.

Le brut de référence américain a franchi le seuil des 44 $US le baril, une première depuis le début des échanges à New York en 1983. Il a terminé sur un record de clôture à 44,15 $US après avoir atteint son plus haut niveau jamais enregistré à 44,24 $US au cours des échanges électroniques précédent l’ouverture du marché.
Quant au Brent de la mer du Nord à Londres, il s’est installé au-dessus des 40 $US, grimpant jusqu’à 40,64 $US en clôture, son plus haut niveau depuis le 9 octobre 1990.
«Des commentaires indiquant que l’OPEP n’a pas de capacité de production supplémentaire pour le moment» ont mis le marché sur les nerfs, estime Jamal Qureshi, analyste de PFC Energy Corp. «Les commentaires de Purnomo Yusgiantoro sur l’incapacité du cartel à accroître davantage son offre ont placé la question des capacités excédentaires de production de l’OPEP au coeur des inquiétudes du marché», renchérit Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays.
Le président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, l’Indonésien Purnomo Yusgiantoro, a reconnu l’impuissance présente du cartel. «Actuellement, nous ne pouvons pas accroître l’offre», a-t-il dit. Le cartel pompe déjà bien au-delà de son quota actuel de 26 millions de barils par jour (mbj).
La capacité excédentaire de l’OPEP, en particulier celle de l’Arabie Saoudite, joue pour le marché le rôle d’un amortisseur de chocs, rappelle Takin Manouchehr, analyste au Center for Global Energy Studies (CGES), un institut de recherche londonien. En outre, poursuit M. Qureshi, l’annonce du sabotage d’un oléoduc en Irak a contribué à mettre de l’huile sur le feu, même si, note l’analyste, «il n’y avait pas beaucoup de pétrole qui transitait par cet oléoduc».
Par ailleurs, le marché anticipe une nouvelle baisse des réserves de pétrole américaines dans le rapport hebdomadaire qui sera publié aujourd’hui par le département de l’Énergie, ce qui est également un facteur haussier.
Pour Marshall Steeves, analyste de Refco, l’envolée des cours hier «est une continuation de la tendance haussière. L’activité spéculative est telle que, maintenant que nous avons dépassé les 44 $US, nous allons probablement atteindre rapidement les 45 $US le baril». Un avis partagé par Jamal Qureshi, qui «ne voit pas de facteurs de baisse significatif sur le marché. Il y a de bonnes chances que la hausse continue».
Les cours du pétrole ont aussi été soutenus par la saga du géant pétrolier Ioukos. Le numéro un du pétrole russe risque de perdre sa principale filiale de production s’il ne rembourse pas d’ici un mois les 3,4 milliards de dollars qu’il doit à la justice pour l’année 2000. Un remboursement que les analystes estiment impossible.
«L’autre chose à garder en mémoire est le référendum au Venezuela prévu le 15 août, qui pourrait interrompre la production du pays en cas de troubles civils», explique Jon Rigby, analyste à la Commerzbank.