WestJet présente des excuses pour l'espionnage d'Air Canada

Calgary — Le président de WestJet, Clive Beddoe, a tenu à présenter des excuses, hier, dans l'affaire d'espionnage industriel qui oppose l'entreprise à Air Canada.

M. Beddoe, faisant amende honorable auprès du personnel et des actionnaires, a assuré que le litige juridique entre les transporteurs n'aurait pas de lourdes conséquences pour WestJet.

Le mois dernier, un vice-président et fondateur de WestJet, Mark Hill, a remis sa démission suite aux allégations voulant qu'il ait mis la main sur des données confidentielles d'Air Canada par des entrées illicites dans l'intranet du concurrent. «Je dois assumer la responsabilité de l'incident, car j'aurais dû savoir ce que faisait Mark Hill», a-t-il dit lors d'une conférence téléphonique. «Personne dans notre compagnie, moi y compris, ne devrait se permettre d'agir de manière irresponsable.»

Dans une poursuite, Air Canada réclame 220 millions en dommages en alléguant que Hill et un de ses collègues ont accédé 243 600 fois à l'intranet d'Air Canada entre mai 2003 et le 19 mars dernier. Ils y auraient trouvé des détails sur l'offre de sièges du plaignant, donnant à WestJet un avantage indu pour planifier son expansion.

Le transporteur basé à Calgary compte aussi établir une procédure encadrant l'action des dénonciateurs; les employés pourraient ainsi révéler à un comité indépendant, de façon anonyme, les cas de «comportement déplacé ou illégal».

Bénéfice en baisse

Par ailleurs, une montée des coûts a ramené à 7,5 millions le bénéfice net du transporteur aérien WestJet au deuxième trimestre échu le 30 juin, contre 14,7 millions à pareille date en 2003. L'entreprise attribue ce recul à des hausses du prix du kérosène de même que des frais d'aéroport; le chiffre d'affaires des trois mois était de 257 millions, contre 206 millions $ un an plus tôt.

«Les frais d'atterrissage et aéroportuaires à l'aéroport Pearson, de Toronto, sont de plus de 200 % plus élevés qu'à Hamilton», souligne dans un communiqué Clive Beddoe. Or, «le déplacement vers Toronto d'une partie de notre capacité [...] était nécessaire afin de répondre à la forte demande pour des liaisons entre Toronto-Montréal et Toronto-Ottawa».

Ce trentième trimestre consécutif à se solder par un profit est quand même «décevant», commente la compagnie, pour qui l'ascension du cours du pétrole a fait grimper les coûts de carburant de 32 % en écart annuel.

WestJet a en outre annoncé l'achat de six nouveaux bimoteurs Boeing 737-600, dont la livraison s'échelonnera en 2005 et 2006.