Marché boursier - Le pétrole favorise l'essor du huard

Le dollar canadien a progressé de 0,71 cent à 75,93 cents US, hier, alors que le cours du pétrole a encore une fois atteint des niveaux records.

Attisé par la crainte du terrorisme et celle relative à l'approvisionnement russe en or noir, le prix du brut léger à New York a grimpé à 44,15 $US le baril. L'inquiétude tient aussi à ce que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) risque de ne pas pouvoir faire grand-chose de plus pour stabiliser le cours de la matière première.

«Le coût élevé de l'énergie favorise le dollar canadien et, jusqu'à un certain point, le terrorisme peut être à l'avantage d'actifs qui ne sont pas en dollars américains», estime Avery Shenfeld, de la Banque CIBC. Son collègue Andrew Pyle, économiste à la Banque Scotia, note que la situation géopolitique «va maintenir cette pression à la hausse. Voilà qu'il [le baril] est nettement en haut des 40 $US et qu'il y reste, alors la perspective du baril à 50 $US nous apparaît plus clairement. À un moment donné, l'économie des États-Unis va en souffrir.»

En outre, à Washington, le département du Commerce publiait un bilan décevant sur les dépenses de consommation de juin, qui ont diminué de 0,7 %, leur plus forte baisse en trois ans.

L'évolution de l'or noir a par ailleurs influé à la baisse sur les indices. À la Bourse de Toronto, la force du secteur de l'énergie a laissé un faible gain de 6,07 points au S&P/TSX, qui a clos à 8464,14 après être allé plus haut en cours de séance. À Wall Street, le Dow Jones des 30 valeurs industrielles a chuté de 58,92 points à 10 120,24 pendant que l'indice Standard & Poor's 500 a diminué de 7,05 points à 1099,57.

Chute de la consommation

Ainsi, le Dow Jones a cédé 58,92 points, soit 0,6 %, à 10 120,24 et le S&P 500, plus large, a perdu 6,93 points (0,6 %) à 1099,69. Le Nasdaq Composé a reculé de son côté de 32,67 points (1,7 %) à 1859,42.

L'annonce du plus net recul des dépenses des ménages depuis septembre 2001 a pesé sur la tendance à Wall Street. La consommation a baissé de 0,7 % en juin, contre un recul de 0,1 % seulement attendu, et les revenus des ménages n'ont augmenté que de 0,2 % après une hausse de 0,6 % en mai.

Le croissance en rythme annuel de l'indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), la mesure favorite de l'inflation pour la Fed, est ressortie à 1,5 %, stable comparé au niveau revu en baisse à 1,5 % en mai. Une étude faisant état d'une hausse de 8 % des licenciements et d'une baisse des annonces d'emploi en juillet a également pénalisé le dollar, mais le billet vert reste dans une dynamique positive à l'approche des chiffres de l'emploi pour le mois dernier. Les économistes anticipent en moyenne 228 000 créations de postes après un gain de 112 000 en juin.

En fin de séance, l'euro gagnait 0,2 % à 1,2048 dollar. «L'incapacité à enfoncer [résolument] le seuil de 1,20 dollar pour un euro pèse sur le marché. [...] Si on arrive à descendre en dessous, le dollar bénéficierait d'une nouvelle dynamique haussière», note Tim Mazanec, d'Investors Bank and Trust Co. à Boston.