Ottawa appelé à intervenir sur le manque de logements

Avant que le gouvernement ne dévoile son plan, Dave McKay avait demandé que le taux admissible des prêts hypothécaires soit augmenté.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Avant que le gouvernement ne dévoile son plan, Dave McKay avait demandé que le taux admissible des prêts hypothécaires soit augmenté.

Le grand patron de la Banque Royale appuie les efforts du gouvernement fédéral pour refroidir le marché immobilier du pays, mais estime qu’il est temps de s’attaquer au manque de logements.

« Nous soutenons les récentes mesures prises par les régulateurs pour ajuster les simulations de crise des prêts hypothécaires afin de réduire la pression du côté de la demande, mais nous encourageons les décideurs à aborder également les problèmes de l’offre limitée, qui exacerbent l’inflation des prix des logements », a affirmé jeudi le chef de la direction de la Royale, Dave McKay, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

Les nouvelles règles de simulation de crise hypothécaire auxquelles il faisait référence entreront en vigueur le 1er juin. Elles fixeront le taux admissible des prêts hypothécaires non assurés à 2 points de pourcentage au-dessus du taux du contrat, ou à 5,25 %, selon le plus élevé des 2 taux.

Avant que le gouvernement ne dévoile son plan, M. McKay avait demandé que le taux admissible des prêts hypothécaires soit augmenté, parce qu’il estimait que cela exercerait une pression sur les personnes qui outrepassent leurs limites en se procurant une plus grande maison avec un faible taux d’intérêt, et retirerait du marché certains acheteurs qui seraient alors forcés de faire une plus importante mise de fonds. Alors que M. McKay réclamait de telles mesures, le secteur bancaire canadien de la Banque Royale a ajouté plus de 55 milliards de dollars en prêts hypothécaires.

Nous encourageons les décideurs à aborder également les problèmes de l’offre limitée, qui exacerbent l’inflation des prix des logements 

 

Ces derniers mois, la Banque a également concentré une grande partie de son attention sur la mise de côté d’énormes sommes d’argent pour se préparer aux emprunteurs potentiellement en défaut de paiement.

La Banque Royale a retiré 96 millions de ses provisions pour pertes sur mauvaises créances au cours du plus récent trimestre, après avoir mis de côté 2,83 milliards au même trimestre l’an dernier, au début de la pandémie.

Alors que la Banque a assoupli le montant qu’elle a ajouté à ces provisions au cours des deux derniers trimestres, le directeur des risques, Graeme Hepworth, a indiqué s’attendre à ce que les défauts de paiement et les dépréciations augmentent au quatrième trimestre et au premier semestre de 2022, avec la fin des programmes d’aide gouvernementaux. « Cependant, nous ne nous attendons pas à ce qu’ils soient aussi graves que nous l’avions prévu au début de la pandémie », a-t-il précisé.

La Banque Royale a affiché au deuxième trimestre un bénéfice plus de deux fois plus important que celui de la même période l’an dernier. Elle a gagné près de 4,02 milliards au cours du trimestre clos le 30 avril, contre un bénéfice de 1,48 milliard un an plus tôt. Son bénéfice ajusté a atteint 2,79 $ l’action comparativement à 1,03 $.

Profit en hausse à la CIBC

Pour sa part, le chef de la direction de la Banque CIBC s’attend à ce que le pays connaisse bientôt une accélération économique, au fur et à mesure qu’un plus grand nombre de Canadiens seront complètement vaccinés contre la COVID-19. « Nos voisins du Sud […] profitent d’une reprise économique que nous n’avons pas encore pleinement expérimentée ici au Canada », a observé jeudi Victor Dodig lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

La CIBC a plus que triplé son bénéfice au deuxième trimestre par rapport à la même période l’an dernier, alors que la pandémie s’installait au pays. La Banque a réalisé un profit de 1,65 milliard au deuxième trimestre, en hausse par rapport à celui de 392 millions d’il y a un an. Ses provisions pour pertes sur créances ont reculé à 32 millions, comparativement à 1,41 milliard au même trimestre l’an dernier. Sur une base ajustée, la Banque a gagné 3,59 $ par action contre 94 cents par action.

Hausse de 144 % à la TD

Quant à la TD, le résultat net du deuxième trimestre de la Banque a frôlé cette année les 3,7 milliards comparativement à 1,52 milliard au trimestre correspondant de l’exercice 2020. Il s’agit d’une augmentation du résultat net de 144 %. Le résultat net rajusté a été de 2,04 $ par action comparativement à 0,85 $ par action un an plus tôt.

144%
C’est l’augmentation du résultat net de la Banque TD au deuxième trimestre comparativement à 2020.

La Banque TD a observé que le résultat net du secteur Services de détail au Canada s’est établi au deuxième trimestre à 2,18 milliards, en hausse de 86 %, ce qui, dit-elle, a reflété surtout une baisse de la provision pour pertes sur créances et les résultats record au sein des activités de gestion de patrimoine et d’assurance. L’institution signale une accélération des activités des montages de prêts hypothécaires, des transactions par carte de crédit et du nombre de comptes dans tous les secteurs.

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