S'adapter à un vol de longue durée

Air Canada a inauguré dimanche son premier service sans escale entre Toronto et Hong Kong. La durée du vol a été de 15 heures et demie, décalage horaire non compris, forçant ainsi quatre pilotes et 14 agents de bord à se relayer aux quatre heures à bord de l'Airbus A340. Cette rotation de l'équipage vient composer le coeur d'une logistique d'affaires permettant aux voyageurs de bénéficier pleinement d'un gros porteur ayant pour principale caractéristique d'afficher la plus grande autonomie de vol.

Le vol AC015 a décollé de l'aéroport international Lester B. Pearson dimanche à 9h45. Son arrivée à Hong Kong était attendue en début d'après-midi le lendemain, à 13h15. En sens inverse, le vol AC016 devait quitter Hong Kong à 15h15 pour arriver à Toronto le jour même à 18h35. Au-delà de ces écarts associés au décalage horaire, la durée moyenne de ce vol sans escale est de 15 heures et demie, devenant le plus long vol direct composant l'offre de dessertes d'Air Canada.

Le transporteur est un habitué des vols long-courrier, de 10 heures ou plus, avec ses liaisons directes vers l'Amérique du sud, l'Asie ou encore l'Inde. La route Toronto-Delhi, avec ses 11 638 km, représentait jusqu'à dimanche son plus long vol direct. Désormais, Toronto-Hong Kong, avec ses 12 554 km, établit une nouvelle marque pour Air Canada. Le transporteur y affrète un appareil qui, avec son autonomie de 14 446 km, offre la plus longue distance franchissable au monde.

«En inaugurant le premier service sans escale entre Toronto et Hong Kong, nous sommes enchantés d'offrir aux clients d'Air Canada la liaison la plus rapide et la plus commode entre l'est de l'Amérique du Nord et Hong Kong», a précisé dans un communiqué Montie Brewer, vice-président général, Affaires commerciales d'Air Canada. La durée du vol «fait épargner aux voyageurs plus de quatre heures et demie, comparativement aux meilleurs itinéraires des autres transporteurs.»

On le devine, un vol d'une telle durée nécessite une logistique particulière. En commençant par l'équipage. Ainsi, quatre pilotes vont se relayer aux quatre heures. Pour leur temps de détente, ils disposent d'une aire de repos réservée, adjacente à la cabine de pilotage. Cette équipe aux commandes va s'appuyer sur la présence de 14 agents de bord, comprenant deux chefs de cabine, dont le travail est également soumis à une rotation de quatre heures. Ce personnel a accès à sa propre aire de repos, située à l'arrière de l'appareil.

Quant au confort, l'appareil, un A340-500, mise sur l'espace. Il est configuré de manière à accueillir 277 passagers, soit 42 passagers en service Super Affaires et 225 en service Hospitalité. Pour les premiers, le fauteuil dispose d'un pas de 1,60 m et peut s'incliner jusqu'à 180 degrés pour ainsi former un fauteuil-lit. Ces fauteuils avec support lombaire «sont tous munis d'une séparation réglable assurant l'intimité des passagers, d'un compartiment de rangement, d'une lampe de lecture individuelle et d'un grand écran avec programme vidéo à la demande», a énuméré Air Canada.

Les voyageurs en classe Hospitalité peuvent compter sur la présence de sièges avec appuie-tête et appuie-pieds ajustables, qui offrent un espace de dégagement mesuré par un pas de 84 cm. Ce service est complété par un système audiovisuel numérique composé d'une commande individuelle pour projection sur demande, personnalisée.

Le service à bord est offert en plusieurs langues, dont le mandarin, le français et l'anglais. Question de mieux passer le temps, il propose quatre repas durant le vol. Soit un lunch chaud, suivi d'une collation chaude après 6 heures de vol, d'une autre après 9 heures et d'un repas chaud servi deux heures avant l'atterrissage. Le tout est entrecoupé d'un service de rafraîchissements aux 20 minutes et de l'accès, en tout temps, à un chariot de canapés installé à l'arrière, là où un espace additionnel est prévu afin de permettre aux passagers de se délier les jambes.

Singapore Airlines

Mais pas de services de télécommunication intégrés ajoutant aux films et aux émissions de télé des options telles que jeux vidéo, musique, téléphone et prise pour ordinateurs. Du moins, «pas encore», a nuancé Isabelle Arthur, porte-parole d'Air Canada. Cet écran individuel intégré fait partie de l'offre de services de Singapore Airlines qui, à ce jour, détient la palme du plus long vol commercial sans escale, effectué en le mois dernier.

Déjà, en février, la compagnie aérienne asiatique établissait une nouvelle marque mondiale. D'une durée de 18 heures 20 minutes pour l'aller — alors que le vol de retour a pris 16 heures, avec conditions de vent et facteur météo favorables — le vol reliait directement Los Angeles à Singapour, sans les escales traditionnelles via Tokyo ou Taipei, avec un appareil A340-500 configuré à 181 sièges. Le transporteur a battu sa propre marque le 28 juin dernier avec un vol sans escale d'une durée de 18 heures (dans les deux sens) vers New York. L'avion comptait également 181 sièges.

Auparavant, on accordait à Continental Airlines le record du vol sans escale le plus long du monde, avec une liaison Hong Kong-New York en 16 heures. Et l'on s'attend à ce que de nouvelles limites soient franchies l'an prochain, Thai Airways prévoyant introduire un vol direct entre Bangkok et Chicago. Et toujours le même commentaire recueilli auprès des passagers habitués à ces vols de longue distance: «J'ai regardé plein de films et beaucoup mangé».