Les ports canadiens devraient investir dans les infrastructures

Saint-Jean, Terre-Neuve — Le Canada devrait songer à rendre ses principaux ports «zones franches» afin qu'ils demeurent concurrentiels avec ceux des États-Unis, soutient l'Association des autorités portuaires canadiennes.

À l'heure actuelle, les ports canadiens se comparent avantageusement à ceux des États-Unis, soutient le président Gary LeRoux à des délégués participant à la rencontre annuelle de l'association. Toutefois, le gouvernement américain a annoncé qu'il investirait 30 milliards pour améliorer les infrastructures de ses ports au cours des prochaines années.

En l'absence d'engagements similaires par le gouvernement canadien, les ports du pays perdront des clients qui s'en iront vers les ports américains plus efficaces, prédit M. LeRoux. On devrait investir de 50 à 150 milliards dans les infrastructures, ajoute-t-il.

Les ports canadiens doivent payer des taxes à trois ordres de gouvernement — fédéral, provincial et municipal —, alors que ceux des États-Unis ont accès à du financement gouvernemental pour l'exploitation et les infrastructures.

«Si le système actuel persiste, nos terminaux ne pourront pas concurrencer les installations américaines, a dit M. LeRoux. Si rien n'est fait d'ici cinq ans, nous allons nous réveiller en nous demandant: "diable, comment sommes-nous rendus là".»

La création d'une zone franche dans les principaux ports les soumettrait uniquement à la juridiction du gouvernement fédéral, a-t-il mentionné. «C'est un nouveau concept. Nous lançons un ballon d'essai. C'est quelque chose que nous devons examiner.»

Il existe 417 zones franches dans le monde, la plupart dans des pays en voie de développement qui tentent d'attirer des entreprises étrangères. Les marchandises qui transitent dans ces ports sont exemptées de tarifs douaniers.

L'idée est prometteuse, croit le président de l'autorité portuaire de Saint-Jean de Terre-Neuve, Sam Walters.

Environ 100 milliards de dollars de marchandises transitent par les ports canadiens chaque année. Un chiffre qui devrait doubler d'ici 2020, prévoit le ministère canadien du Commerce international.

On devrait par ailleurs investir de 50 à 150 milliards dans les infrastructures, soutient M. LeRoux.