Marché boursier - La Bourse américaine termine en hausse malgré des menaces terroristes

La Bourse américaine a terminé en hausse hier, une chasse aux bonnes affaires ayant éclipsé les craintes liées aux menaces terroristes qui pèsent sur les institutions financières aux États-Unis: le Dow Jones a gagné 0,4 % et l'indice composé du Nasdaq 0,3 %.

Les indices boursiers sont repassés dans le vert en début d'après-midi. Le Dow Jones, indice vedette de Wall Street, a pris 39,45 points à 10 179,16 points. L'indice composé du Nasdaq a progressé de 4,73 points à 1892,09 points et celui du Standard and Poor's 500 , plus représentatif de la tendance générale, a clôturé en hausse de 4,90 points (+0,4 %) à 1106,62 points.

Dimanche, le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Tom Ridge, a indiqué que le groupe terroriste al-Qaïda menaçait d'importantes places économiques aux États-Unis, comme le siège du New York Stock Exchange à New York ou les bâtiments du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Washington.

«Les menaces terroristes sont déjà en partie prises en compte dans le niveau du marché, et il y a des gens qui essaient de profiter de chaque opportunité pour acheter des actions à bas prix», a commenté Scott Jacobson, stratège d'investissement de Jefferies, pour expliquer le rebond de la Bourse après une ouverture en baisse.

Les nouvelles économiques ont été mitigées hier. L'indice composite ISM d'activité du secteur industriel aux États-Unis a progressé à 62 % en juillet contre 61,1 % en juin, un chiffre conforme aux attentes des analystes. En revanche, les dépenses de construction aux États-Unis ont baissé de 0,3 % en juin par rapport à mai, selon un chiffre révisé, alors que les analystes tablaient sur une stabilité.

Le marché obligataire a nettement progressé. Le rendement de l'obligation du Trésor à 10 ans, qui évolue en sens inverse des prix, a chuté à 4,45 % contre 4,58 % vendredi soir et celui de l'obligation à 30 ans à 5,19 % contre 5,3 %.

Fermé à Toronto

À Toronto, le parquet boursier était fermé hier, en ce congé du Civic Day. Il a toutefois terminé la semaine dernière avec des investisseurs demeurant craintifs à propos de la vigueur de l'économie américaine. Ils ont aussi été déçus de voir que les profits enregistrés au deuxième trimestre par les entreprises n'ont pas propulsé les marchés vers de nouveaux sommets.

Les investisseurs ignorent encore à quoi ressemblera la deuxième moitié de l'année 2004; et ils n'aiment pas ça. «On a tenu compte de l'amélioration des résultats financiers du deuxième trimestre mais cela a été assombri par d'autres inquiétudes», a déclaré un économiste principal chez BMO Nesbitt Burns, Doug Porter.

«Il y a le prix du pétrole qui a atteint 43 $ US le baril. On s'inquiète aussi d'éventuels attentats terroristes. Il semble, entre autres, que l'économie américaine ait frappé des obstacles en juin et en juillet.»

Les investisseurs attendent également la publication d'un rapport américain sur la main-d'oeuvre, espérant y voir la preuve que le ralentissement économique en juin et au début juillet n'était qu'un accident de parcours. «Si la création d'emplois dépasse le nombre de 250 000, cela réprimera toute inquiétude au sujet de l'économie américaine, prévoit M. Porter. D'autre part, si ce nombre est équivalent à celui de juin [un peu plus de 100 000], cela alimentera les inquiétudes, ce qui aurait des conséquences négatives pour les actions cotées en bourse.»

Vendredi, de nouvelles inquiétudes ont été soulevées lorsqu'un rapport a indiqué que la croissance annuelle du PIB aux États-Unis n'avait atteint que 3 % au deuxième trimestre. Les économistes s'attendaient à une croissance de 3,7 %, une baisse substantielle par rapport à la hausse de 4,5 % atteint au premier trimestre.

«La croissance n'a été que de 1 % au deuxième trimestre. C'est presque incroyablement faible pour le consommateur américain, surtout lorsque l'économie est en pleine croissance. Je crois que cela est attribuable à l'augmentation des prix reliés à l'énergie», a ajouté M. Porter.