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Le Wal-Mart de Jonquière reçoit son accréditation syndicale

La Commission des relations de travail du Québec vient d'accorder une accréditation syndicale pour un premier Wal-Mart au Canada, celui de Jonquière au Saguenay.

Il s'agit du même magasin où la tentative de syndicalisation avait échoué, en avril dernier. Et il s'agit du même syndicat, celui des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), affilié à la FTQ.

La Commission des relations de travail a accordé l'accréditation syndicale après s'être assurée que le nombre de cartes d'adhésion au syndicat représentait la majorité des employés.

Le syndicat s'attend toutefois à ce que le géant américain du commerce de détail ne baisse pas les bras aussi facilement. «Il y a toujours possibilité d'en appeler, certainement, parce que c'est l'agent d'accréditation qui a accrédité, suite à son enquête. Alors là, Wal-Mart peut déposer une requête pour contester cette décision-là et ce ne serait pas étonnant qu'il le fasse non plus», a admis en entrevue M. Louis Bolduc, adjoint au directeur canadien des TUAC.

En fait, dès le 20 août prochain, la commission tiendra une audience, afin de statuer sur la description de l'unité de négociation et des personnes qu'elle vise. Les parties sont alors susceptibles de s'affronter.

La requête en accréditation qui vient d'être accordée avait été déposée le 6 juillet dernier.

L'employeur avait contesté la composition de l'unité de négociation, mais même malgré les désaccords concernant les travailleurs qui devaient faire partie de l'unité d'accréditation, «le requérant [le syndicat] jouit du caractère représentatif requis par la loi», a statué la commission dans sa décision.

«Rien ne s'oppose donc à ce que, conformément à l'article 28 du Code du travail, l'agente de relations du travail accrédite le requérant», a encore statué la commission.

Selon Marie-Josée Lemieux, du syndicat des TUAC, le syndicat serait «fortement majoritaire» cette fois-ci. Lors de la précédente tentative, il avait perdu par huit voix, rapportait-elle.

Pourquoi la tentative de syndicalisation a-t-elle été fructueuse cette fois-ci? «Le lendemain du dernier vote, on a repris la campagne syndicale. On a rencontré les gens. Plusieurs personnes ont fait le constat qu'elles avaient peut-être manqué une belle occasion de se doter d'un droit de parole vis-à-vis cet employeur-là. On a continué la signature de cartes et, lorsqu'on a eu l'assurance qu'on avait un nombre confortable de signatures de cartes, on a redéposé une nouvelle requête en accréditation», a expliqué Mme Lemieux.

La section locale 503 du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce comptera donc tous les salariés du magasin, à l'exception du gérant du magasin, des assistants-gérants, des gérants de rayons, des employés de bureau, des employés de l'atelier automobile, du gérant de soutien de nuit, du gérant principal au service à la clientèle, du gérant du personnel, des agents de sécurité et de toute personne automatiquement exclue par la loi, précise-t-on dans la décision.

Aux dires de Mme Lemieux, le syndicat comptera «plus d'une centaine de travailleurs» sur une possibilité d'environ 150.

Mme Lemieux se dit «très fière» d'avoir obtenu une première accréditation syndicale pour un Wal-Mart. «J'ai très confiance en l'avenir. Les gens nous ont fait confiance. On travaille ce dossier-là depuis plus d'un an.»

Il s'agit du seul Wal-Mart syndiqué au Canada.