La grève dans l'industrie de la construction est évitée pour mercredi

Une grève peut être déclenchée à 12 heures d’avis, puisque l’Alliance,  qui regroupe  les cinq grands syndicats,  a obtenu son mandat en ce sens à 93 %.
Ryan Remiorz La Presse canadienne Une grève peut être déclenchée à 12 heures d’avis, puisque l’Alliance, qui regroupe les cinq grands syndicats, a obtenu son mandat en ce sens à 93 %.

Il n’y aura pas de grève mercredi dans l’industrie de la construction. L’Alliance syndicale et les associations patronales ont convenu mardi de poursuivre alors les négociations.

L’Alliance syndicale et les associations patronales ont encore négocié de façon intensive mardi, dans le but d’éviter un débrayage. Une grève peut être déclenchée à 12 heures d’avis, puisque l’Alliance syndicale, qui regroupe les cinq grands syndicats de la construction, a obtenu son mandat en ce sens, à 93 %.

De plus, les conventions collectives de l’industrie, qui concernent 190 000 travailleurs, sont échues depuis le 30 avril. Et la médiation, qui devait permettre de rapprocher les parties, n’avait pas été renouvelée le 30 avril. Quatre conventions collectives pour 2021-2025 doivent être négociées entre l’Alliance syndicale et quatre associations patronales.

Le salaire ne semble pas poser problème et des avancées ont été réalisées au chapitre des assurances collectives et du régime de retraite. Le principal différend porte maintenant sur le recours aux applications mobiles avec géolocalisation sur le téléphone personnel des travailleurs.

Par cette technologie, le travailleur active la géolocalisation sur son propre téléphone, quand il arrive au chantier. Ce signal qui est alors transmis permet à l’employeur de comptabiliser les heures de travail.

Vie privée des travailleurs

Mais l’Alliance syndicale craint pour la vie privée des travailleurs à cause de la géolocalisation et du fait qu’il s’agit de l’appareil personnel du travailleur.

La FTQ-Construction avait même eu gain de cause à ce sujet devant le Tribunal d’arbitrage. Il avait jugé que le recours à de telles applications contrevenait aux conventions collectives 2017-2021, puisque celles-ci stipulent que les heures de travail doivent être enregistrées sur un appareil installé aux frais de l’employeur et le plus près possible de l’entrée du chantier. Le recours à de telles applications doit donc être négocié entre les parties.

L’Alliance syndicale et les associations patronales s’affairent donc à négocier des clauses qui encadreraient le recours à ces applications avec géolocalisation, tout en respectant la vie privée des travailleurs.

C’est un potentiel de 190 000 travailleurs affectés, 250 000 en tenant compte des fournisseurs et de l’administration.

 

L’Alliance a proposé dimanche soir de conclure les conventions collectives et de reporter les discussions sur les applications avec géolocalisation après l’adoption du projet de loi 64. Ce projet de loi vise justement à moderniser l’encadrement applicable à la protection des renseignements personnels.

Le ministre optimiste

Interrogé ce week-end sur la menace de grève qui plane, le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, s’est montré optimiste malgré tout. « Moi, je suis confiant surtout, et positif, parce que les parties continuent de tenir des pourparlers. »

Le ministre a réitéré son malaise face à une hypothétique grève, qui aurait des « effets extrêmement préjudiciables » dans un contexte de reprise économique.

La semaine dernière, le ministre du Travail disait vouloir à tout prix éviter une grève ou un lockout.

« On est en pleine relance économique. On ne peut pas se permettre une grève dans le secteur de la construction. C’est un potentiel de 190 000 travailleurs affectés, 250 000 en tenant compte des fournisseurs et de l’administration.  Vous savez l’impact que ça peut avoir sur les unités d’habitation, les logements, les maisons, les rénovations d’écoles, d’hôpitaux, la construction des routes. Ça aurait des répercussions et des incidences extrêmement négatives. »

L’Alliance syndicale regroupe, par ordre décroissant du nombre de membres : la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction.

 

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