43,80 $US à New York - Le pétrole brut clôture sur un nouveau record

New York — Le prix du pétrole brut a terminé sur un nouveau record historique de clôture hier à New York à 43,80 $US (+1,05 $US), dans un marché attisé par les problèmes du géant pétrolier russe Ioukos et une forte activité spéculative.

Quelques minutes avant la clôture du New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de pétrole brut pour livraison rapprochée en septembre avait atteint un record absolu à 43,85 $US avant de reperdre quelques cents. À Londres, le baril de pétrole Brent a fini sur un sommet de quelque 14 ans à 40,02 $US, en hausse de 77 ¢US.

«L'élan est vraiment à la hausse. On dirait que le marché a pour objectif les 45 $US maintenant, on pourrait même aller au-delà», a prévu Marshall Steeves, analyste de Refco. En un mois, le baril de brut a gagné 6,75 $US. Il avait terminé à 37,05 $US le 30 juin.

«C'est la combinaison d'une nouvelle grève sur des plateformes en Norvège, une éventuelle tempête dans le golfe du Mexique et la saga de Ioukos qui continue», a résumé Phil Flynn, analyste chez Alaron Trading. «Les opérateurs sont sceptiques quant à la poursuite de la production de Ioukos et à l'approche du week-end les gens sont nerveux car il n'y a pas de capacité excédentaire dans le monde actuellement», a-t-il souligné.

Le numéro un du pétrole russe avait annoncé mercredi qu'un ordre des huissiers l'obligerait à stopper prochainement ses livraisons de pétrole. Mais le ministère de la Justice a assuré jeudi que Ioukos, au bord de la faillite, pouvait continuer à produire et exporter son brut. Le fisc russe lui réclame près de sept milliards $US d'arriérés d'impôts et le ministère de la Justice a annoncé préparer la vente de la principale filiale de production du groupe, Iouganskneftegaz, pour régler une partie de cette dette.

Pour Bill O'Grady, directeur de la recherche chez AG Edwards, «il est tellement évident que rien ne va se passer, tout le monde le sait. Mais l'OPEP n'a pas suffisamment de capacité excédentaire pour compenser la perte éventuelle de 1,7 million de barils par jour». La Russie exporte la majorité de sa production de 1,7 million de barils par jour. Ce brut est d'une qualité inférieure au light sweet crude négocié à New York.

Programme nucléaire iranien

Les analystes mentionnaient également hier un autre facteur alimentant la nervosité du marché pétrolier. Le développement par les Iraniens d'un programme nucléaire «se transforme rapidement en une situation explosive et tout ce qui augmente les tensions est un problème» pour le marché pétrolier, a souligné Bill O'Grady.

La rencontre jeudi à Paris entre des représentants iraniens et ceux de l'Allemagne, la France, et la Grande-Bretagne pour évoquer le programme nucléaire de Téhéran «s'est mal passée d'après ce qu'on a pu entendre et on dirait que les Iraniens veulent attirer les États-Unis dans une confrontation», a déclaré cet expert.

Cette situation «est peu mentionnée [sur le marché] mais l'audace dont les Iraniens font preuve avec leur programme nucléaire est assurément un facteur de soutien», a renchéri Phil Flynn. «Si les Iraniens continuent sur cette voie, le monde va devoir y faire face et on pourrait se diriger vers un affrontement», a-t-il estimé.

Les analystes s'accordent à dire que les prix sur le marché new-yorkais devraient encore continuer à monter. «L'élan est vraiment à la hausse. On dirait que le marché a pour objectif les 45 $US maintenant, on pourrait même aller au-delà», a prévu Marshall Steeves, analyste de Refco.

«Le marché est haussier. À chaque fois que des nouvelles négatives le font baisser, de nouveaux achats se manifestent. Il faut changer la psychologie du marché pour qu'il retombe», a déclaré Bill O'Grady. «Les fonds [d'investissements] vont faire monter le marché jusqu'à ce que quelque chose change cette situation», a-t-il ajouté.

Il n'a pas exclu que le gouvernement américain puise dans les réserves stratégiques de pétrole si la situation venait à s'aggraver. «Historiquement, d'importants retraits des réserves stratégiques poussent les prix à la hausse», a rappelé cet analyste.